Au XVIIIᵉ siècle, le commerce maritime enrichit les grands ports européens. Une partie de cette richesse repose sur la traite négrière : la déportation de millions d’Africains réduits en esclavage pour travailler dans les colonies d’Amérique.
Objectifs
- Décrire l’essor du commerce atlantique et le rôle des négociants
- Expliquer le fonctionnement du commerce triangulaire
- Connaître les conditions de vie des esclaves dans les plantations
- Distinguer les différentes traites et connaître les étapes des abolitions
1. L’essor des ports et des bourgeoisies marchandes
Au XVIIIᵉ siècle, le commerce international se développe fortement. En France, les ports de l’Atlantique (Nantes, Bordeaux, La Rochelle, Le Havre) s’enrichissent grâce au commerce avec les colonies des Antilles, comme Saint-Domingue, la plus riche colonie sucrière du monde.
Négociant : Grand marchand qui pratique le commerce de gros à longue distance. Les négociants forment une bourgeoisie marchande riche, qui fait construire de beaux hôtels particuliers dans les villes portuaires.
Les produits coloniaux (sucre, café, coton, indigo, tabac) sont très demandés en Europe. Ils sont souvent réexportés vers d’autres pays européens.
2. Le commerce triangulaire
Traite négrière : Commerce d’êtres humains capturés en Afrique et vendus comme esclaves.
- Europe → Afrique : les navires partent avec des marchandises (tissus, armes, alcool, objets en métal).
- Afrique → Amérique : sur les côtes africaines, ces marchandises sont échangées contre des captifs. C’est la terrible traversée de l’Atlantique, appelée « passage du milieu ».
- Amérique → Europe : les captifs sont vendus aux planteurs ; les navires reviennent chargés de produits coloniaux.
3. L’esclavage dans les plantations
Dans les colonies, les esclaves travaillent surtout dans les plantations de canne à sucre, de café ou de coton. Le travail est épuisant, les punitions sont violentes et l’espérance de vie est courte.
En France, le Code noir (1685) encadre l’esclavage dans les colonies : l’esclave y est considéré comme un bien meuble, qui appartient à son maître.
Les esclaves résistent : fuite (le marronnage), révoltes, préservation de leur culture. En 1791, une grande révolte éclate à Saint-Domingue ; elle aboutit à l’indépendance d’Haïti en 1804.
4. Plusieurs traites et des abolitions progressives
La traite atlantique n’est pas la seule : il existe aussi des traites orientales (vers l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l’océan Indien) et des traites internes à l’Afrique.
| Date | Événement |
|---|---|
| 1794 | Première abolition de l’esclavage par la Convention |
| 1802 | Bonaparte rétablit l’esclavage |
| 1807 | Le Royaume-Uni interdit la traite |
| 1848 | Abolition définitive de l’esclavage en France (décret du 27 avril, Victor Schœlcher) |
| 2001 | La loi Taubira reconnaît la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité |
À retenir
- Au XVIIIᵉ siècle, les ports atlantiques et leurs négociants s’enrichissent grâce au commerce colonial.
- Le commerce triangulaire relie Europe, Afrique et Amérique ; environ 12,5 millions d’Africains sont déportés.
- Les esclaves, considérés comme des biens (Code noir, 1685), travaillent dans les plantations et résistent.
- L’esclavage est aboli en 1794, rétabli en 1802, puis aboli définitivement en France en 1848.

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