Enseignement scientifique · Terminale

L’évolution comme grille de lecture du monde

La théorie de l’évolution ne sert pas seulement à reconstituer le passé : c’est un outil puissant pour comprendre le présent. Elle explique pourquoi notre corps présente des structures « bricolées », pourquoi les bactéries deviennent résistantes aux antibiotiques ou pourquoi certaines pratiques humaines transforment les populations sauvages. Elle permet aussi de distinguer une explication scientifique d’une explication par un but ou une intention.

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Séance guidée avec ULU (≈ 10 min)Diagnostic, explication, exercices adaptés et bilan.

Objectifs

  • Expliquer des structures anatomiques imparfaites par l’histoire évolutive
  • Expliquer l’apparition de résistances aux antibiotiques par la sélection naturelle
  • Montrer que les pratiques humaines exercent des pressions de sélection
  • Distinguer une explication évolutive d’une explication finaliste

1. Les mécanismes de l’évolution, rappels

  • Variation : les mutations, survenant au hasard, créent de la diversité génétique entre individus.
  • Hérédité : les caractères sont en partie transmis à la descendance.
  • Sélection naturelle : dans un milieu donné, les individus porteurs de certains caractères survivent ou se reproduisent davantage ; ces caractères deviennent plus fréquents.
  • Dérive génétique : des variations aléatoires de fréquences, surtout dans les petites populations.

2. Un corps hérité de l’histoire

L’évolution modifie ce qui existe déjà, par petites étapes : elle « bricole ». Certaines structures ne sont pas optimales mais s’expliquent par l’histoire de la lignée et par des compromis entre avantages et inconvénients.

3. Antibiotiques et résistances

Dans une population de bactéries, quelques individus portent par hasard une mutation qui les rend résistants à un antibiotique. Lors d’un traitement, les bactéries sensibles meurent, les résistantes survivent et se multiplient : la population devient majoritairement résistante. L’antibiotique n’a pas créé la mutation, il l’a sélectionnée.

  • Usage excessif ou inadapté (infections virales, traitements interrompus, usage massif en élevage) : il accroît la pression de sélection.
  • Conséquence : des infections plus difficiles à soigner. L’antibiorésistance est un enjeu majeur de santé publique.
  • Réponse : usage raisonné (« les antibiotiques, c’est pas automatique »), hygiène, vaccination, recherche de nouveaux traitements.

4. Les pratiques humaines, des forces de sélection

  • Insecticides : des populations de moustiques ou de ravageurs deviennent résistantes.
  • Herbicides : apparition de « mauvaises herbes » résistantes.
  • Pêche intensive : en prélevant surtout les grands poissons, elle favorise ceux qui se reproduisent plus tôt et à plus petite taille.
  • Sélection artificielle : en choisissant les reproducteurs, l’humain a façonné les plantes cultivées et les animaux domestiques.

L’humain lui-même continue d’évoluer : par exemple, la capacité à digérer le lactose à l’âge adulte (persistance de la lactase) est devenue fréquente dans des populations pratiquant l’élevage laitier depuis des millénaires.

À retenir

  • Variation (mutations au hasard), hérédité, sélection et dérive expliquent l’évolution des populations.
  • L’évolution bricole : des structures imparfaites (nerf laryngé, tache aveugle, carrefour aéro-digestif) s’expliquent par l’histoire de la lignée.
  • Un caractère peut résulter d’un compromis entre avantages et coûts.
  • Les antibiotiques sélectionnent des bactéries résistantes préexistantes ; leur usage doit être raisonné.
  • Pesticides, pêche et domestication exercent des pressions de sélection ; une explication évolutive n’est jamais finaliste.

Et maintenant, à toi !

Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.

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