Humanités, littérature et philosophie (HLP) · Terminale

Création, continuités et ruptures

Au XXe siècle, la création artistique semble définie par la rupture : vers libre, collage, abstraction, objets ordinaires exposés comme des œuvres. Pourtant, rompre suppose quelque chose avec quoi rompre, et les avant-gardes se cherchent souvent des ancêtres. Le second semestre, « L’humanité en question », s’ouvre sur cette question : qu’est-ce que créer, quand tout semble déjà fait ?

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ULU, le tuteur d’ULUMINE, t’aide à partir de ce cours.

Séance guidée avec ULU (≈ 10 min)Diagnostic, explication, exercices adaptés et bilan.

Objectifs

  • Définir création, tradition, modernité et avant-garde
  • Comprendre la définition baudelairienne de la modernité
  • Repérer les grandes ruptures artistiques du début du XXe siècle
  • Discuter l’idée que toute création serait une rupture

1. Notions clés

Création : Faire exister quelque chose de nouveau. Au sens fort (théologique), créer à partir de rien ; au sens humain, transformer des matériaux, des formes et des héritages.

Tradition : Ensemble de formes, de règles et de modèles transmis (par exemple l’alexandrin, la perspective, la tonalité en musique).

Avant-garde : Terme militaire (la troupe qui marche en tête) appliqué aux mouvements qui revendiquent une rupture radicale : futurisme, dadaïsme, surréalisme.

2. Baudelaire, penseur de la modernité

  • La modernité n’efface pas l’éternel : elle est une moitié de l’art. Baudelaire pense donc à la fois rupture et continuité.
  • L’artiste doit saisir la beauté de son temps : la foule, la ville, la mode.
  • Dans « Le Voyage » (Les Fleurs du mal, 1861), le poète veut plonger « Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau ! ».
  • Rimbaud radicalise : « Il faut être absolument moderne. » (Une saison en enfer, 1873)

3. Les ruptures du début du XXe siècle

« Zone », poème d’ouverture d’Alcools (1913), commence par : « À la fin tu es las de ce monde ancien ». Apollinaire chante la tour Eiffel, les affiches, les automobiles. Mais le recueil garde aussi des formes anciennes (« Le Pont Mirabeau » est un poème régulier) : la rupture s’articule à la mémoire.

4. La création à l’épreuve de la technique

Dans L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique (1935-1936), Walter Benjamin constate que la photographie et le cinéma transforment l’art : l’œuvre, reproduite en série, perd son aura, cette présence unique liée à un lieu et à une tradition. Il y voit une perte, mais aussi une démocratisation et une nouvelle fonction politique de l’art.

Aura (Benjamin) : Unicité de l’œuvre originale, ici et maintenant, qui lui confère une autorité presque sacrée.

5. Toute création est-elle rupture ?

Nietzsche, dans Le Gai Savoir (1882), annonce que « Dieu est mort » : les valeurs héritées s’effondrent. Il ne reste plus de modèle absolu ; la création de valeurs devient la tâche de l’homme. Cette idée éclaire l’art du XXe siècle, qui doit inventer ses propres règles.

À retenir

  • Créer, au sens humain, c’est transformer des héritages, non produire à partir de rien.
  • Baudelaire : la modernité est le transitoire, la moitié de l’art ; l’autre moitié est l’éternel.
  • Début du XXe siècle : futurisme, Apollinaire, abstraction, Dada, ready-made, surréalisme.
  • Benjamin : la reproductibilité technique fait perdre à l’œuvre son aura.
  • Toute rupture se définit par rapport à une tradition, et devient elle-même tradition.

Et maintenant, à toi !

Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.

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