Les montagnes ne sont pas éternelles. Sous l’action de l’eau, du gel, du vent et des êtres vivants, les roches se dégradent, leurs débris sont transportés puis déposés ailleurs. Ces processus façonnent les paysages et produisent les sédiments, qui forment les roches sédimentaires.
Objectifs
- Distinguer altération, érosion, transport et sédimentation
- Expliquer l’altération du granite en arène granitique
- Relier la vitesse d’un courant à la taille des particules transportées ou déposées
- Évaluer l’influence des activités humaines sur l’érosion et la sédimentation
1. Altération et érosion des roches
Altération : Transformation d’une roche sur place, sous l’effet d’agents physiques (gel, variations de température), chimiques (eau, acidité) ou biologiques (racines, micro-organismes).
Érosion : Ablation et enlèvement des matériaux issus de la dégradation des roches, principalement par l’eau, mais aussi par le vent ou les glaciers.
L’altération du granite
- Le granite est formé de quartz, de feldspaths et de micas.
- Au contact de l’eau, les feldspaths et les micas sont altérés chimiquement : ils se transforment en partie en argiles, et des ions passent en solution.
- Le quartz, très résistant, reste intact sous forme de grains de sable.
- La roche perd sa cohésion et devient une arène granitique, facile à éroder.
Une roche dure peut devenir meuble par altération chimique.
2. Le transport des particules
- Les ions issus de l’altération chimique sont transportés en solution (dissous).
- Les particules fines (argiles, limons) sont transportées en suspension dans l’eau.
- Les grains plus gros (sables, graviers, galets) roulent ou sautent sur le fond : c’est le charriage.
Plus un courant est rapide, plus il peut transporter des particules grosses. Au cours du transport, les grains s’usent et s’arrondissent : un galet bien arrondi a souvent voyagé longtemps.
3. La sédimentation
Quand l’énergie du courant diminue (plaine, embouchure, lac, mer), les particules se déposent : c’est la sédimentation. Elle a lieu surtout dans les zones basses, et principalement en milieu marin.
- Les dépôts s’accumulent en couches successives, les strates.
- Avec le temps, l’enfouissement, la compaction et la cimentation transforment les sédiments en roches sédimentaires (sable → grès, par exemple).
- Une partie des ions dissous précipite ou est utilisée par des êtres vivants (coquilles en calcaire).
| Étape | Où ? | Résultat |
|---|---|---|
| Altération | Sur place, à la surface des roches | Roche fragilisée, argiles, ions |
| Érosion et transport | Versants, cours d’eau | Particules déplacées |
| Sédimentation | Zones calmes : plaines, lacs, mers | Couches de sédiments |
4. Les activités humaines et l’érosion
- La déforestation et le labour laissent le sol à nu : le ruissellement l’emporte plus facilement.
- Les barrages retiennent une grande partie des sédiments : en aval, les cours d’eau et les côtes en reçoivent moins, ce qui peut accentuer le recul des littoraux.
- L’extraction de granulats (sables, graviers) dans les rivières ou en mer modifie les dépôts.
- L’imperméabilisation des sols (routes, bâtiments) augmente le ruissellement et le risque d’inondation.
À l’inverse, des aménagements peuvent limiter l’érosion : haies, végétalisation des pentes, terrasses, ouvrages de protection des côtes. Ils ont cependant un coût et leurs effets doivent être évalués.
À retenir
- Altération (sur place) → érosion et transport → sédimentation : un cycle qui façonne les paysages.
- L’eau est le principal agent d’altération et de transport.
- Le granite s’altère en arène : les feldspaths donnent des argiles, le quartz reste intact.
- La taille des particules transportées dépend de la vitesse du courant ; quand il ralentit, les plus grosses se déposent d’abord.
- Les activités humaines (déforestation, barrages, extractions) modifient fortement l’érosion et la sédimentation.

Et maintenant, à toi !
Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.