Le texte de théâtre est écrit pour être joué : il prend tout son sens sur scène. Du XVIIe siècle à aujourd’hui, le théâtre passe des règles strictes du classicisme à la liberté du drame romantique puis aux remises en cause du XXe siècle. Cet objet d’étude te fait lire une pièce intégrale et réfléchir à la représentation.

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ULU, le tuteur d’ULUMINE, t’aide à partir de ce cours.
Objectifs
- Connaître les grandes étapes de l’histoire du théâtre
- Maîtriser le vocabulaire de l’analyse théâtrale
- Comprendre la double énonciation
- Analyser une scène en pensant à sa mise en scène
1. Le théâtre classique (XVIIe siècle)
- Règle des trois unités : unité d’action, de lieu et de temps (une journée). Boileau la résume dans son Art poétique (1674) : « Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli / Tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli ».
- Vraisemblance et bienséance : l’action doit être crédible et ne pas choquer (pas de mort violente montrée sur scène).
- Tragédie (Corneille, Racine) : personnages nobles, passions, fatalité, dénouement malheureux, alexandrins.
- Comédie (Molière) : personnages souvent bourgeois, défauts ridiculisés, dénouement heureux ; selon Molière, son devoir est de « corriger les hommes en les divertissant ».
2. Du XVIIIe au XIXe siècle
- XVIIIe siècle : comédies de Marivaux (jeux de l’amour et du langage), de Beaumarchais (Le Mariage de Figaro, 1784, critique des privilèges) ; Diderot théorise le drame bourgeois.
- Drame romantique : Hugo, dans la préface de Cromwell (1827), rejette les unités de temps et de lieu et revendique le mélange du sublime et du grotesque. La création d’Hernani (1830) provoque une « bataille » restée célèbre. Musset écrit Lorenzaccio et On ne badine pas avec l’amour.
3. XXe et XXIe siècles
- Réécriture des mythes antiques (Cocteau, Giraudoux, Anouilh avec Antigone, 1944).
- Théâtre de l’absurde (années 1950) : Ionesco (La Cantatrice chauve), Beckett (En attendant Godot) ; personnages perdus, dialogues qui tournent à vide, langage en crise.
- Théâtre contemporain : importance de la mise en scène, écritures fragmentées, théâtre du quotidien et de la parole (Nathalie Sarraute, Jean-Luc Lagarce).
4. Le vocabulaire de l’analyse théâtrale
| Terme | Définition |
|---|---|
| Double énonciation | les personnages se parlent entre eux, mais l’auteur s’adresse aussi, à travers eux, au public |
| Didascalie | indication scénique de l’auteur (gestes, décor, ton), en italique |
| Réplique / tirade | prise de parole d’un personnage / longue réplique |
| Stichomythie | échange rapide de répliques brèves, souvent d’un vers chacune |
| Monologue | personnage seul en scène qui parle pour lui-même |
| Aparté | réplique que les autres personnages sont censés ne pas entendre, mais que le public entend |
| Quiproquo | malentendu : un personnage est pris pour un autre ou une chose pour une autre |
| Exposition / nœud / dénouement | début qui informe / conflit central / résolution finale |
À retenir
- Classicisme : trois unités, vraisemblance, bienséance ; tragédie et comédie séparées.
- Drame romantique : liberté, mélange du sublime et du grotesque (Hugo, préface de Cromwell, 1827).
- XXe siècle : réécriture des mythes, théâtre de l’absurde, primauté de la mise en scène.
- Double énonciation : le public est toujours le destinataire indirect des répliques.

Et maintenant, à toi !
Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.