Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP) · Terminale

Les océans, espaces de puissance et de coopération : de Montego Bay à la Chine

Les océans couvrent environ 71 % de la surface du globe. Longtemps espaces de circulation, ils deviennent des espaces d’appropriation (zones économiques exclusives), de puissance militaire (dissuasion, porte-avions) et de coopération pour protéger la biodiversité. La Chine illustre l’affirmation d’une nouvelle puissance maritime.

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Objectifs

  • Expliquer comment les puissances s’affirment à partir des mers (dissuasion, projection)
  • Connaître les espaces maritimes définis par la convention de Montego Bay (1982)
  • Comprendre l’enjeu de la haute mer et de l’accord BBNJ
  • Analyser la stratégie chinoise de conquête des mers et de l’espace

1. Affirmer sa puissance à partir des mers

Les grandes puissances s’appuient sur leur marine de guerre. Deux outils dominent : la dissuasion nucléaire océanique et les forces de projection.

Dissuasion nucléaire : Stratégie qui vise à empêcher une attaque en menaçant l’adversaire de représailles nucléaires inacceptables. Les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), indétectables en plongée, en garantissent la crédibilité.

Forces de projection : Moyens militaires permettant d’intervenir loin de son territoire : porte-avions, groupes aéronavals, navires amphibies. Les États-Unis disposent de la plus grande flotte de porte-avions au monde.

La France entretient une dissuasion océanique avec ses SNLE basés à l’Île Longue (Finistère) et un porte-avions, le Charles-de-Gaulle.

2. Le partage des mers : la convention de Montego Bay

Signée en 1982 à Montego Bay (Jamaïque), la convention des Nations unies sur le droit de la mer (entrée en vigueur en 1994) découpe les espaces maritimes à partir des côtes. Les distances se mesurent en milles marins (1 mille = 1 852 m).

3. Gérer en commun la haute mer : l’accord BBNJ

La haute mer représente près des deux tiers de l’océan mondial. Pour y protéger la biodiversité menacée (surpêche, pollution), l’ONU adopte en 2023 l’accord BBNJ (biodiversité marine au-delà des juridictions nationales), entré en vigueur en janvier 2026. Il permet de créer des aires marines protégées en haute mer et organise le partage des bénéfices des ressources génétiques marines.

Bien commun : Ressource partagée dont l’usage par chacun peut nuire à tous si elle n’est pas gérée collectivement : la haute mer en est un exemple.

4. Objet conclusif : la Chine à la conquête des mers et de l’espace

Depuis les années 2000, la Chine affiche une volonté politique d’affirmation : discours sur le « rêve chinois », investissements massifs, appropriations. Sa marine est devenue la première du monde par le nombre de navires.

  • Mer de Chine méridionale : revendications sur la quasi-totalité de cette mer, construction d’îles artificielles militarisées dans les Spratleys ; en 2016, une sentence arbitrale saisie par les Philippines rejette ces revendications, que Pékin refuse de reconnaître.
  • Nouvelles routes de la soie (lancées en 2013) : ports et infrastructures dans le monde entier, base militaire à Djibouti (2017).
  • Espace : vols habités, station Tiangong, exploration lunaire et martienne.

Ces ambitions ont des enjeux économiques (sécuriser les routes commerciales et les ressources) et géopolitiques (contester la domination américaine), et inquiètent ses voisins (Vietnam, Philippines, Japon).

À retenir

  • La puissance maritime repose sur la dissuasion (SNLE) et la projection (porte-avions).
  • La convention de Montego Bay (1982) définit mer territoriale (12 milles), zone contiguë (24) et ZEE (200).
  • La haute mer est un bien commun ; l’accord BBNJ (2023) vise à y protéger la biodiversité.
  • La Chine s’affirme sur mer (mer de Chine méridionale, routes de la soie) comme dans l’espace.

Et maintenant, à toi !

Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.

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