Maladie, accident, perte d’emploi, vieillesse : chacun est exposé à des risques qui peuvent faire basculer sa situation. Les sociétés développées ont construit deux grands outils pour y faire face : l’assurance, qui mutualise les risques, et la protection sociale, qui organise une solidarité collective.

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Objectifs
- Définir le risque et identifier les comportements face au risque
- Comprendre le principe de mutualisation des risques et le fonctionnement de l’assurance
- Comprendre les limites de l’assurance : aléa moral et sélection adverse
- Distinguer les logiques d’assurance, d’assistance et de protection universelle
1. Risque et comportements face au risque
Risque : Événement incertain, dont on peut estimer la probabilité, qui peut provoquer un dommage. On parle de risques sociaux lorsqu’ils menacent la capacité à obtenir un revenu ou entraînent des dépenses (maladie, vieillesse, chômage, charges de famille, accidents du travail).
- La plupart des individus ont une aversion au risque : ils préfèrent payer une somme certaine plutôt que de courir le risque d’une perte importante.
- Face au risque, on peut faire de la prévention (port du casque, vaccination), constituer une épargne de précaution ou s’assurer.
2. L’assurance et la mutualisation des risques
Mutualisation des risques : Mise en commun des risques d’un grand nombre de personnes : les cotisations de tous financent l’indemnisation des quelques-uns qui subissent un sinistre.
Calculer une prime d’assurance
- 10 000 propriétaires de vélos électriques ; chaque année, 2 % se font voler leur vélo, d’une valeur de 2 000 €.
- Nombre de vols attendus : 10 000 × 0,02 = 200.
- Coût total : 200 × 2 000 = 400 000 €.
- Prime « pure » par assuré : 400 000 / 10 000 = 40 €.
Chacun paie 40 € (plus les frais de l’assureur) au lieu de risquer de perdre 2 000 €.
La mutualisation repose sur la loi des grands nombres : plus les assurés sont nombreux, plus la fréquence réelle des sinistres est proche de la probabilité estimée, ce qui rend la charge prévisible pour l’assureur. Les assurances sont proposées par des sociétés d’assurance (à but lucratif) et par des mutuelles (sans but lucratif).
3. Les limites de l’assurance
| Problème | Définition | Réponses des assureurs |
|---|---|---|
| Aléa moral | Une fois assuré, l’individu peut devenir moins prudent, car il ne supporte plus tout le coût du dommage. | Franchise, bonus-malus, exclusions de garantie, contrôles |
| Sélection adverse | Les personnes les plus exposées au risque sont les plus enclines à s’assurer ; si la prime est calculée sur une moyenne, les « bons risques » partent. | Questionnaires, tarifs différenciés, assurance obligatoire |
4. La protection sociale : trois logiques
Protection sociale : Ensemble des mécanismes de prévoyance collective qui permettent aux individus de faire face aux conséquences financières des risques sociaux.
| Logique | Financement | Bénéficiaires | Exemples en France |
|---|---|---|---|
| Assurance (modèle dit bismarckien, Allemagne, années 1880) | Cotisations sociales assises sur les revenus du travail | Ceux qui ont cotisé | Retraites de base, indemnités chômage |
| Assistance | Impôts | Personnes dans le besoin, sous condition de ressources | RSA, minimum vieillesse (ASPA) |
| Protection universelle (inspirée du rapport Beveridge, Royaume-Uni, 1942) | Impôts | Toute la population résidente | Allocations familiales, prise en charge des frais de santé |
Le système français, fondé sur la Sécurité sociale créée par les ordonnances d’octobre 1945, est d’abord d’inspiration assurantielle, mais il a été complété par des prestations d’assistance et universelles ; une part croissante de son financement repose sur l’impôt, notamment la CSG (contribution sociale généralisée, créée en 1990).
La protection sociale mutualise les risques à l’échelle de la nation et organise une solidarité : entre bien-portants et malades, actifs et retraités, ménages aisés et modestes. Elle soulève aussi des débats : coût, financement, risque d’aléa moral, efficacité des dispositifs.
À retenir
- Un risque est un événement incertain mais probabilisable ; l’aversion au risque pousse à s’assurer.
- L’assurance mutualise les risques : les primes de tous indemnisent les sinistrés (loi des grands nombres).
- Aléa moral (après le contrat) et sélection adverse (avant) limitent l’assurance privée.
- La protection sociale combine logique d’assurance (cotisations), d’assistance (sous condition de ressources) et universelle (pour tous).

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