Le marché est l’un des principaux modes de coordination des décisions économiques. En concurrence, ni les acheteurs ni les vendeurs ne fixent seuls le prix : il résulte de la confrontation de l’offre et de la demande. Ce modèle permet d’analyser les gains à l’échange et les effets d’une taxe.

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ULU, le tuteur d’ULUMINE, t’aide à partir de ce cours.
Objectifs
- Savoir que le marché est une institution et connaître les hypothèses du modèle de concurrence
- Comprendre la construction des courbes de demande et d’offre (raisonnement à la marge)
- Déterminer l’équilibre et analyser les déplacements des courbes et sur les courbes
- Comprendre la notion de surplus et les gains à l’échange
- Analyser les effets d’une taxe forfaitaire par un exemple chiffré
1. Le marché, une institution
Marché : Lieu, physique ou non, de rencontre entre des offreurs et des demandeurs d’un bien ou d’un service, où se forment un prix et une quantité échangée.
Le marché est une institution : il ne fonctionne que grâce à des règles qui l’encadrent, le plus souvent garanties par l’État (droits de propriété, respect des contrats, monnaie, normes de qualité, règles de concurrence).
| Hypothèse | Signification |
|---|---|
| Atomicité | Très nombreux acheteurs et vendeurs, aucun ne peut influencer seul le prix. |
| Homogénéité du produit | Les biens échangés sont identiques : seul le prix les distingue. |
| Libre entrée et sortie | Aucune barrière n’empêche une entreprise d’entrer sur le marché ou d’en sortir. |
| Transparence de l’information | Tous les agents connaissent les prix et les caractéristiques des produits. |
2. La demande et l’offre
La demande d’un bien est en général une fonction décroissante du prix : plus le prix est élevé, moins les consommateurs achètent. La demande de marché s’obtient en additionnant les demandes individuelles à chaque prix.
Coût marginal : Coût de production de la dernière unité produite : Cm = variation du coût total / variation de la quantité.
Un producteur en concurrence cherche à maximiser son profit. Tant que le prix est supérieur au coût marginal, produire une unité de plus augmente son profit. Lorsque le coût marginal est croissant, il produit donc la quantité pour laquelle coût marginal = prix. La courbe d’offre est ainsi croissante : un prix plus élevé rend rentable la production d’unités plus coûteuses.
Quelle quantité produire si le prix est de 11 € ?
- Coût total (en €) pour 0 à 5 unités : 10 ; 14 ; 20 ; 28 ; 38 ; 50.
- Coûts marginaux des unités 1 à 5 : 4 ; 6 ; 8 ; 10 ; 12.
- Les unités 1 à 4 coûtent moins de 11 € à produire : chacune augmente le profit. La 5e coûterait 12 € > 11 €.
- Profit avec 4 unités : 4 × 11 − 38 = 6 € (contre 5 € avec 3 ou 5 unités).
Le producteur offre 4 unités.
3. L’équilibre et ses déplacements
Le prix d’équilibre égalise quantité offerte et quantité demandée. Si le prix est trop élevé, il y a un excès d’offre qui pousse le prix à la baisse ; s’il est trop bas, un excès de demande (pénurie) le pousse à la hausse.
Calcul de l’équilibre
- Demande : Qd = 120 − 2P ; offre : Qo = 2P − 20.
- À l’équilibre : 120 − 2P = 2P − 20, soit 4P = 140.
- P* = 35 € et Q* = 120 − 2 × 35 = 50 unités.
Équilibre : prix de 35 €, quantité de 50 unités.
| Ce qui change | Effet graphique |
|---|---|
| Le prix du bien lui-même | Déplacement sur la courbe (mouvement le long de la courbe) |
| Revenu, goûts, prix d’un bien substituable ou complémentaire | Déplacement de la courbe de demande |
| Coût des facteurs, technique, nombre de producteurs, taxe | Déplacement de la courbe d’offre |
4. Les gains à l’échange : la notion de surplus
Surplus du consommateur : Différence entre le prix maximal qu’un acheteur était prêt à payer et le prix qu’il paie effectivement. Graphiquement : aire entre la courbe de demande et le prix.
Surplus du producteur : Différence entre le prix reçu et le prix minimal auquel le vendeur était prêt à vendre (son coût marginal). Graphiquement : aire entre le prix et la courbe d’offre.
Surplus dans l’exemple précédent
- Prix maximal des acheteurs (Qd = 0) : 60 € ; prix minimal des vendeurs (Qo = 0) : 10 €.
- Surplus du consommateur : × 50 × (60 − 35) = 625 €.
- Surplus du producteur : × 50 × (35 − 10) = 625 €.
Surplus total : 1 250 €. En concurrence, l’équilibre maximise ce surplus total.
5. Les effets d’une taxe forfaitaire
Une taxe forfaitaire (montant fixe par unité vendue) versée par les vendeurs augmente leur coût : la courbe d’offre se déplace vers le haut du montant de la taxe.
Taxe de 10 € par unité
- Nouvelle offre : Qo = 2(P − 10) − 20 = 2P − 40.
- Équilibre : 120 − 2P = 2P − 40, soit P = 40 € et Q = 40 unités.
- Les acheteurs paient 40 € (+ 5 €), les vendeurs reçoivent 40 − 10 = 30 € (− 5 €).
- Recette fiscale : 10 × 40 = 400 €. Perte sèche : × 10 × (50 − 40) = 50 €.
La taxe est partagée entre acheteurs et vendeurs, réduit les quantités échangées et crée une perte de surplus total.
À retenir
- Le marché est une institution encadrée par des règles ; en concurrence, les agents sont preneurs de prix.
- Le producteur produit jusqu’à ce que le coût marginal égale le prix : l’offre est croissante.
- À l’équilibre, quantité offerte = quantité demandée ; un excès d’offre ou de demande fait évoluer le prix.
- Le surplus total (consommateurs + producteurs) mesure les gains à l’échange.
- Une taxe forfaitaire déplace l’offre vers le haut, augmente le prix payé, réduit la quantité et crée une perte sèche.

Et maintenant, à toi !
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