La croissance économique est l’augmentation soutenue, sur une longue période, de la production de biens et de services d’un pays. On la mesure par le taux de variation du PIB en volume (corrigé de l’inflation). D’où vient-elle, et peut-elle durer face aux limites écologiques ?

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Objectifs
- Expliquer la croissance par l’accumulation des facteurs et la productivité globale des facteurs
- Comprendre pourquoi le progrès technique est en partie endogène
- Montrer le rôle des institutions, notamment des droits de propriété
- Relier innovation, destruction créatrice et inégalités de revenus
- Analyser les limites écologiques de la croissance et le débat sur la soutenabilité
1. Les sources de la croissance : facteurs et productivité
Productivité globale des facteurs (PGF) : Part de la croissance qui ne s’explique pas par l’augmentation des quantités de travail et de capital. Elle mesure l’efficacité de leur combinaison et reflète surtout le progrès technique (au sens large : innovations, organisation, qualification).
- Croissance extensive : due à l’augmentation des quantités de facteurs (plus de travailleurs, plus de machines).
- Croissance intensive : due à des gains de productivité (produire plus avec la même quantité de facteurs).
- Le modèle de Robert Solow (1956) montre que l’accumulation de capital seule bute sur des rendements décroissants : à long terme, seul le progrès technique entretient la croissance du PIB par habitant. Mais chez Solow, ce progrès est exogène (il « tombe du ciel ») : c’est le « résidu ».
Lire une décomposition de la croissance
Si le PIB croît de 2 % par an, dont 0,5 point dû au travail et 0,7 point dû au capital, la contribution de la PGF est de 2 − 0,5 − 0,7 = 0,8 point.
2. Un progrès technique endogène et un cadre institutionnel
Les théories de la croissance endogène (à partir de la fin des années 1980 : Paul Romer, Robert Lucas, Robert Barro) expliquent le progrès technique par l’activité économique elle-même : la croissance génère des ressources qui financent l’innovation, qui alimente à son tour la croissance.
| Source de croissance endogène | Mécanisme |
|---|---|
| Recherche-développement et idées (Romer) | Les idées sont non rivales : une fois découvertes, elles peuvent être utilisées par tous, ce qui crée des externalités positives. |
| Capital humain (Lucas) | Les compétences acquises par la formation et l’expérience rendent les travailleurs plus productifs et diffusent les savoirs. |
| Capital public (Barro) | Infrastructures, recherche publique, éducation : l’État crée un environnement favorable à l’innovation. |
Institutions : Règles formelles (lois, droits) et informelles (normes, coutumes) qui encadrent les interactions économiques. Pour Douglass North, des droits de propriété protégés (notamment la propriété intellectuelle, avec les brevets) incitent à investir et à innover, car l’innovateur peut en tirer un revenu.
3. Innovation, destruction créatrice et inégalités
Pour Joseph Schumpeter, l’innovation (nouveau produit, procédé, organisation, débouché ou source de matières premières) est le moteur du capitalisme. Elle donne à l’entrepreneur un pouvoir de monopole temporaire et une rente, puis elle est imitée : c’est la destruction créatrice — des activités et des emplois disparaissent tandis que d’autres apparaissent.
- Les innovations arrivent en grappes, ce qui peut expliquer des phases de croissance plus ou moins forte.
- L’innovation peut accroître les inégalités de revenus : rentes des innovateurs, hausse de la rémunération des travailleurs qualifiés qui maîtrisent les nouvelles technologies, déclin des emplois routiniers.
- Ces inégalités peuvent être temporaires si l’innovation se diffuse, ou durables si les rentes sont protégées.
4. Les défis : limites écologiques et soutenabilité
- Épuisement des ressources non renouvelables (énergies fossiles, minerais).
- Pollutions et perte de biodiversité.
- Réchauffement climatique lié aux émissions de gaz à effet de serre, documenté par les rapports du GIEC.
Développement durable : Développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs (rapport Brundtland, 1987). Il suppose de transmettre un stock de capitaux : naturel, physique, humain et institutionnel.
| Soutenabilité faible | Soutenabilité forte |
|---|---|
| Les capitaux sont substituables : la baisse du capital naturel peut être compensée par plus de capital physique ou humain. | Le capital naturel n’est pas substituable : certains éléments (climat, biodiversité) doivent être préservés en eux-mêmes. |
| L’innovation (technologies vertes) permet de repousser les limites de la croissance. | L’innovation ne suffit pas : il faut des normes strictes, voire remettre en question certaines formes de croissance. |
À retenir
- Croissance = hausse durable du PIB en volume ; extensive (facteurs) ou intensive (productivité).
- La PGF mesure la croissance non expliquée par les facteurs, reflet du progrès technique.
- Croissance endogène : R&D, capital humain et capital public expliquent le progrès technique.
- Institutions et droits de propriété incitent à innover ; destruction créatrice et inégalités.
- Soutenabilité faible (capitaux substituables) contre soutenabilité forte (capital naturel à préserver).

Et maintenant, à toi !
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