Entre la Renaissance et les Lumières, l’image du monde change : la Terre n’est plus au centre de l’univers, les cartes s’enrichissent de continents nouveaux, les savants classent les plantes et les animaux. Comment décrire et représenter ce monde qui s’agrandit ? Et que ressent l’homme devant un univers devenu infini ?

Une question sur ce cours ?
ULU, le tuteur d’ULUMINE, t’aide à partir de ce cours.
Objectifs
- Expliquer le passage du géocentrisme à l’héliocentrisme
- Comprendre l’idée d’un monde écrit en langue mathématique (Galilée)
- Analyser l’effroi et la grandeur de l’homme face à l’infini (Pascal)
- Connaître les grandes entreprises de description : cartes, Encyclopédie, histoire naturelle
- Réfléchir au lien entre décrire et écrire (vulgarisation, style)
1. Un nouveau cosmos
| Modèle | Principe | Repères |
|---|---|---|
| Géocentrisme | La Terre immobile au centre ; le monde est clos et ordonné | Aristote, Ptolémée |
| Héliocentrisme | Le Soleil au centre ; la Terre tourne sur elle-même et autour du Soleil | Copernic (1543), Galilée, Kepler |
- 1543 : Copernic publie Des révolutions des orbes célestes.
- 1610 : Galilée observe à la lunette les satellites de Jupiter et les reliefs de la Lune (Le Messager des étoiles).
- 1633 : Galilée est condamné par l’Inquisition et doit abjurer.
Pour Galilée (L’Essayeur, 1623), l’univers est un grand livre écrit en langue mathématique, dont les caractères sont des figures géométriques. Décrire le monde, c’est désormais le mesurer.
2. L’homme devant l’infini
Le monde clos des Anciens devient un univers infini. Pascal exprime le vertige qui en résulte : « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie. » Dans le fragment des « deux infinis », l’homme apparaît comme un milieu entre l’infiniment grand et l’infiniment petit.
Pourtant, Pascal rappelle la grandeur humaine : « L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant. » L’univers l’écrase, mais l’homme sait qu’il meurt ; l’univers n’en sait rien.
3. Cartographier, inventorier, classer
- Cartes : en 1569, Mercator propose une projection qui facilite la navigation, au prix d’une déformation des surfaces près des pôles. Toute carte est un choix de représentation.
- Cabinets de curiosités : collections d’objets naturels et exotiques qui rassemblent le monde dans une pièce.
- Linné (Systema naturae, 1735) classe les êtres vivants ; il généralise le nom en deux mots (genre et espèce).
- Buffon, Histoire naturelle (à partir de 1749), décrit les animaux dans une prose soignée ; il affirme dans son Discours sur le style (1753) : « Le style est l’homme même. »
4. L’Encyclopédie : rassembler les connaissances
Dirigée par Diderot et d’Alembert (1751-1772), l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers veut « rassembler les connaissances éparses sur la surface de la terre » et les transmettre. Ses planches décrivent avec précision les outils et les gestes des artisans.
Pourquoi décrire les métiers ?
- Les savoir-faire des artisans étaient transmis oralement et méprisés par les savants.
- Les planches les rendent visibles, précis et transmissibles.
- Elles valorisent le travail et la technique comme formes de connaissance.
Décrire devient un geste critique et émancipateur : le savoir se partage.
À retenir
- Copernic (1543) et Galilée (1610) font passer du géocentrisme à l’héliocentrisme.
- Galilée : le livre de l’univers est écrit en langue mathématique.
- Pascal : effroi devant l’infini, mais grandeur du « roseau pensant ».
- Cartes (Mercator), classifications (Linné), Histoire naturelle (Buffon) : décrire, c’est figurer.
- L’Encyclopédie (1751-1772) rassemble et partage les connaissances, y compris celles des métiers.

Et maintenant, à toi !
Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.