Humanités, littérature et philosophie (HLP) · Première

L’art de la parole : la rhétorique antique

Dans les cités grecques puis à Rome, savoir parler est une affaire de pouvoir : on plaide devant les tribunaux, on délibère à l’assemblée, on fait l’éloge des morts. Très tôt, les Anciens ont cherché à faire de la parole un art, c’est-à-dire un savoir-faire qui s’apprend : la rhétorique. Ce chapitre présente ses grands principes, d’Aristote à Quintilien.

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Séance guidée avec ULU (≈ 10 min)Diagnostic, explication, exercices adaptés et bilan.

Objectifs

  • Définir la rhétorique et situer sa naissance dans la cité antique
  • Distinguer les trois genres du discours selon Aristote
  • Identifier l’ethos, le pathos et le logos dans un discours
  • Connaître les cinq étapes de l’art oratoire et les devoirs de l’orateur selon Cicéron
  • Comprendre l’idéal de l’orateur comme homme de bien

1. La parole, propre de l’homme et de la cité

Dans la Politique, Aristote affirme que l’homme est un « animal politique » et que, seul parmi les animaux, il possède le logos (à la fois parole et raison). La simple voix (phônè) exprime le plaisir et la douleur ; le logos permet de dire l’utile et le nuisible, le juste et l’injuste. La parole fonde donc la vie commune.

Rhétorique : Art de bien parler en vue de persuader. Aristote la définit comme la faculté de découvrir, pour chaque sujet, ce qui est propre à persuader.

2. Les trois genres du discours (Aristote)

3. Les trois moyens de persuader

  • Ethos : l’image de l’orateur que construit son discours (sérieux, bienveillance, compétence) ; on croit plus volontiers quelqu’un qui paraît digne de confiance.
  • Pathos : les émotions suscitées chez l’auditoire (pitié, colère, crainte, indignation).
  • Logos : les arguments eux-mêmes, raisonnements et exemples, qui s’adressent à la raison.

4. Construire un discours : les cinq étapes

Quintilien (Ier siècle), dans l’Institution oratoire, reprend la formule attribuée à Caton l’Ancien : l’orateur est « un homme de bien habile à parler » (vir bonus dicendi peritus). La technique ne suffit pas : l’éloquence doit être au service du bien.

À retenir

  • Rhétorique : art de persuader ; elle naît dans la cité démocratique et judiciaire.
  • Aristote : genres délibératif (futur, utile), judiciaire (passé, juste), épidictique (présent, beau).
  • Trois moyens de persuader : ethos, pathos, logos.
  • Cicéron : instruire, plaire, émouvoir ; cinq étapes de l’inventio à l’actio.
  • Quintilien : l’orateur idéal est un homme de bien habile à parler.

Et maintenant, à toi !

Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.

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