Sciences économiques et sociales · Première

Quels sont les processus sociaux qui contribuent à la déviance ?

Être déviant, c’est s’écarter des normes d’un groupe. Mais qui fixe ces normes, qui les fait respecter, et pourquoi certaines personnes sont-elles désignées comme déviantes plus que d’autres ? La sociologie montre que la déviance n’est pas seulement un acte individuel : c’est aussi le résultat de processus sociaux.

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Séance guidée avec ULU (≈ 10 min)Diagnostic, explication, exercices adaptés et bilan.

Objectifs

  • Distinguer normes sociales et normes juridiques, et connaître les formes du contrôle social
  • Comprendre que la déviance est relative et socialement construite
  • Analyser la déviance comme un processus : étiquetage, stigmatisation, carrière déviante
  • Distinguer déviance et délinquance et connaître les difficultés de mesure de la délinquance

1. Normes et contrôle social

Contrôle social : Ensemble des moyens par lesquels une société ou un groupe obtient de ses membres qu’ils respectent les normes.

  • Contrôle social formel : exercé par des institutions spécialisées selon des règles explicites (police, justice, règlement intérieur d’un lycée).
  • Contrôle social informel : exercé par l’entourage dans la vie quotidienne (regard des autres, moqueries, félicitations).
  • Les sanctions peuvent être positives (récompenses) ou négatives (punitions).

2. Qu’est-ce que la déviance ?

Déviance : Transgression d’une norme, qui est perçue et désignée comme telle par un groupe et qui suscite une réaction ou une sanction.

La déviance est relative : elle varie selon les sociétés, les époques et les groupes. Un même comportement peut être normal dans un groupe et déviant dans un autre (se tatouer, fumer dans un lieu public avant et après son interdiction).

Robert K. Merton (1938) explique une partie de la déviance par un décalage entre les buts valorisés par une société (la réussite matérielle) et les moyens légitimes dont disposent certains groupes pour les atteindre.

3. La déviance comme processus : l’approche interactionniste

Dans Outsiders (1963), Howard Becker montre que la déviance n’est pas une qualité de l’acte lui-même : elle résulte d’une interaction entre celui qui transgresse et ceux qui créent les normes et les font appliquer. Un acte devient déviant quand il est étiqueté comme tel.

  • Les entrepreneurs de morale sont ceux qui se mobilisent pour créer de nouvelles normes ou les faire appliquer.
  • L’étiquetage (labelling) : être désigné publiquement comme déviant modifie l’image que les autres ont de la personne, puis l’image qu’elle a d’elle-même.
  • La stigmatisation : Erving Goffman (Stigmate, 1963) analyse comment un attribut dévalorisé disqualifie un individu aux yeux des autres.

4. La délinquance et sa mesure

Délinquance : Ensemble des transgressions de normes juridiques pénales (contraventions, délits, crimes). Toute délinquance est une déviance, mais toute déviance n’est pas une délinquance.

À retenir

  • Normes sociales (souvent implicites) et juridiques (écrites) ; contrôle social formel et informel.
  • La déviance est la transgression d’une norme désignée comme telle ; elle est relative.
  • Becker : la déviance résulte d’un étiquetage et peut devenir une carrière ; Goffman : la stigmatisation.
  • La délinquance (transgression de normes pénales) se mesure mal : statistiques administratives et enquêtes de victimation sont complémentaires.

Et maintenant, à toi !

Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.

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