Depuis le début de l’agriculture, il y a environ 10 000 ans, l’être humain a sélectionné des plantes sauvages présentant des caractères utiles. Au fil des générations, ces plantes se sont profondément transformées : c’est la domestication. Aujourd’hui, les techniques de sélection et les biotechnologies accélèrent ce processus, mais posent aussi des questions de diversité génétique.

Une question sur ce cours ?
ULU, le tuteur d’ULUMINE, t’aide à partir de ce cours.
Objectifs
- Définir la domestication et citer des caractères sélectionnés
- Comparer une plante cultivée et son ancêtre sauvage
- Décrire des techniques d’amélioration des plantes
- Discuter l’enjeu de la diversité génétique des plantes cultivées
1. Qu’est-ce que la domestication ?
Domestication : Processus par lequel l’être humain, en choisissant de génération en génération les individus qu’il ressème ou multiplie, modifie le génotype et le phénotype d’une espèce sauvage selon ses besoins. C’est une sélection artificielle.
Les plantes domestiquées présentent souvent un ensemble de caractères communs, appelé syndrome de domestication :
- graines ou fruits plus gros ;
- graines qui restent attachées à la plante à maturité (pas de dispersion spontanée), ce qui facilite la récolte ;
- germination plus rapide et plus homogène (moins de dormance) ;
- moins de molécules toxiques ou amères ;
- port plus compact (moins de ramifications).
2. Un exemple : du téosinte au maïs
Le maïs a été domestiqué au Mexique à partir d’une graminée sauvage, le téosinte, il y a environ 9 000 ans. Les différences phénotypiques sont spectaculaires, mais elles reposent sur un nombre limité de gènes à effet important.
| Caractère | Téosinte (sauvage) | Maïs (cultivé) |
|---|---|---|
| Port | Très ramifié | Une tige principale peu ramifiée |
| Épi | Petit, quelques graines | Gros épi, plusieurs centaines de grains |
| Grains | Enveloppés dans une coque dure | Nus, faciles à consommer |
| À maturité | L’épi se désarticule et disperse les graines | Les grains restent sur l’épi |
3. Les techniques d’amélioration
| Technique | Principe |
|---|---|
| Sélection massale | Ressemer les graines des meilleurs individus |
| Croisements et hybridation | Croiser des variétés aux qualités complémentaires ; les hybrides F1 de lignées pures sont souvent plus vigoureux |
| Sélection assistée par marqueurs | Repérer les allèles intéressants dans l’ADN pour trier plus vite les plantes |
| Transgenèse | Introduire un gène d’une autre espèce (plante génétiquement modifiée) |
| Édition du génome | Modifier une séquence précise, par exemple grâce à l’outil CRISPR-Cas9 |
Le recours aux plantes génétiquement modifiées est encadré par la loi et fait l’objet de débats (environnement, santé, économie, indépendance des agriculteurs).
4. Préserver la diversité génétique
La sélection réduit la diversité génétique des plantes cultivées : seuls quelques individus de départ, puis quelques variétés très productives, sont multipliés. Des cultures génétiquement homogènes sont plus vulnérables à une nouvelle maladie ou à un changement de climat.
- Conserver les variétés anciennes et les espèces sauvages apparentées, réservoirs d’allèles utiles (résistances, tolérance à la sécheresse).
- Les banques de graines (par exemple la réserve mondiale de semences du Svalbard, en Norvège) conservent ce patrimoine.
À retenir
- La domestication est une sélection artificielle qui modifie génotype et phénotype d’une espèce sauvage.
- Syndrome de domestication : grosses graines, absence de dispersion spontanée, germination homogène, moins de toxines.
- Le maïs dérive du téosinte, domestiqué au Mexique il y a environ 9 000 ans ; quelques gènes (comme tb1) ont des effets importants.
- Sélection, hybridation, transgenèse et édition du génome améliorent les plantes ; la diversité génétique doit être préservée.

Et maintenant, à toi !
Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.