La France conduit sa politique économique dans le cadre de l’Union européenne (UE) et de la zone euro. Certaines politiques sont décidées au niveau européen (concurrence, politique monétaire), d’autres restent nationales mais encadrées (politique budgétaire). Ce partage pose des problèmes de coordination.

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Objectifs
- Connaître les grandes étapes de l’intégration européenne : marché unique et zone euro
- Expliquer les objectifs et les moyens de la politique européenne de la concurrence
- Comprendre la politique monétaire de la BCE et ses effets
- Analyser la politique budgétaire dans la zone euro, ses règles et ses difficultés de coordination
1. L’intégration européenne
- 1957 : traité de Rome, création de la Communauté économique européenne (marché commun, union douanière).
- 1986-1993 : Acte unique, puis marché unique au 1er janvier 1993 : libre circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes.
- 1992 : traité de Maastricht, qui prévoit l’union économique et monétaire.
- 1999 : création de l’euro (pièces et billets en 2002). La zone euro réunit aujourd’hui une vingtaine d’États membres de l’UE.
Union économique et monétaire : Stade d’intégration où des pays partagent un marché unique et une monnaie unique, avec une politique monétaire commune conduite par une banque centrale commune (la BCE).
2. La politique européenne de la concurrence
Conduite par la Commission européenne, elle vise à protéger le bon fonctionnement du marché unique, au bénéfice des consommateurs (prix plus bas, choix, innovation).
| Pratique surveillée | Ce qui est interdit ou contrôlé |
|---|---|
| Ententes | Accords entre entreprises pour fixer les prix ou se partager les marchés. |
| Abus de position dominante | Une entreprise très puissante utilise sa position pour évincer ses concurrents ou imposer des conditions abusives. |
| Concentrations | Les fusions importantes sont contrôlées et peuvent être interdites si elles réduisent trop la concurrence. |
| Aides d’État | Les subventions publiques qui faussent la concurrence sont en principe interdites (avec des exceptions). |
3. La politique monétaire de la BCE
Politique monétaire : Action de la banque centrale sur les conditions de financement de l’économie, principalement par ses taux directeurs. La Banque centrale européenne (BCE), indépendante, a pour mission principale la stabilité des prix : elle vise une inflation de 2 % à moyen terme.
| Politique expansive | Politique restrictive |
|---|---|
| Baisse des taux directeurs → crédit moins cher | Hausse des taux directeurs → crédit plus cher |
| Hausse de l’investissement et de la consommation | Ralentissement de la demande |
| Utile en cas de récession ou d’inflation trop basse | Utile pour freiner une inflation trop forte (comme en 2022-2023) |
4. Politique budgétaire et coordination
Politique budgétaire : Utilisation des dépenses et des recettes publiques pour agir sur l’activité. Une relance (plus de dépenses ou moins d’impôts) augmente la demande globale, avec un effet multiplicateur, mais creuse le déficit et la dette.
- Dans la zone euro, la politique budgétaire reste nationale, mais encadrée par des règles (Pacte de stabilité et de croissance : déficit public de référence de 3 % du PIB, dette de 60 % du PIB). Ces règles ont été suspendues de 2020 à 2023, puis réformées en 2024.
- Choc asymétrique : choc qui touche un pays plus que les autres. Sans politique monétaire ni taux de change propres, le pays ne peut compter que sur sa politique budgétaire.
- Passager clandestin : un pays peut profiter de la relance de ses voisins (qui lui achètent plus) sans en supporter le coût. Sans coordination, chaque pays a intérêt à attendre que les autres agissent.
- Policy mix : combinaison de la politique monétaire et des politiques budgétaires. En 2020, la BCE et les États ont agi ensemble ; l’UE a aussi lancé un plan de relance financé par un emprunt commun.
À retenir
- Marché unique (1993) et euro (1999) : une intégration économique et monétaire poussée.
- Politique de la concurrence : ententes, abus de position dominante, concentrations, aides d’État.
- BCE : stabilité des prix (2 % à moyen terme) via les taux directeurs.
- Politiques budgétaires nationales encadrées par des règles communes.
- Chocs asymétriques et passager clandestin rendent la coordination nécessaire.

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