Une crise financière est une perturbation grave du système financier : effondrement du prix des actifs, faillites d’institutions financières, blocage du crédit. Les crises de 1929 et de 2008 montrent que ces crises peuvent se propager à toute l’économie. Comment naissent-elles, et comment les prévenir ?

Une question sur ce cours ?
ULU, le tuteur d’ULUMINE, t’aide à partir de ce cours.
Objectifs
- Identifier les caractéristiques des crises de 1929 et de 2008
- Expliquer la formation et l’éclatement d’une bulle spéculative
- Comprendre les paniques bancaires et les faillites en chaîne
- Décrire les canaux de transmission d’une crise financière à l’économie réelle
- Présenter les instruments de régulation et le problème de l’aléa moral
1. Deux crises de référence : 1929 et 2008
| Crise de 1929 | Crise de 2008 | |
|---|---|---|
| Point de départ | Krach de la Bourse de New York en octobre 1929, après une forte hausse spéculative des actions | Retournement du marché immobilier américain et défauts sur les crédits hypothécaires à risque (« subprimes ») |
| Propagation | Faillites bancaires en série aux États-Unis, contraction du crédit, baisse des prix | Titrisation : les créances risquées avaient été diffusées dans le monde entier ; faillite de la banque Lehman Brothers en septembre 2008 |
| Conséquences | Grande Dépression : effondrement de la production et chômage massif dans les années 1930 | Récession mondiale en 2009, puis crise des dettes souveraines en zone euro (à partir de 2010) |
2. Bulles spéculatives et paniques bancaires
Bulle spéculative : Hausse du prix d’un actif (actions, immobilier) très au-delà de sa valeur fondamentale, entretenue par l’anticipation que le prix continuera de monter. Les comportements mimétiques (acheter parce que les autres achètent) alimentent la hausse, jusqu’au krach quand les anticipations se retournent.
Panique bancaire : Retrait massif et simultané des dépôts par des clients qui craignent la faillite de leur banque. Comme une banque ne garde qu’une partie des dépôts sous forme liquide (le reste est prêté), elle peut devenir illiquide, et la crainte devient autoréalisatrice.
- Faillites en chaîne : les banques se prêtent entre elles ; la faillite de l’une fait subir des pertes aux autres, ce qui crée un risque systémique.
- Le levier d’endettement (s’endetter pour acheter des actifs) amplifie les gains en phase de hausse, mais aussi les pertes en phase de baisse.
3. La transmission à l’économie réelle
| Canal | Mécanisme |
|---|---|
| Effet de richesse négatif | La baisse du prix des actifs appauvrit les ménages qui les détiennent : ils réduisent leur consommation. |
| Baisse du prix des collatéraux | Les actifs servant de garantie aux prêts perdent de la valeur : les emprunteurs obtiennent moins de crédit, et doivent parfois vendre, ce qui accentue la baisse des prix. |
| Contraction du crédit | Les banques fragilisées prêtent moins (« credit crunch ») : l’investissement et la consommation à crédit reculent. |
Un enchaînement type
- Les prix immobiliers baissent : la valeur des maisons servant de garantie diminue.
- Les ménages surendettés font défaut ; les banques subissent des pertes.
- Les banques réduisent le crédit ; les entreprises investissent moins.
La demande globale baisse : la production recule et le chômage augmente.
4. Réguler le système financier
- Supervision bancaire : la banque centrale (dans la zone euro, la BCE pour les grandes banques depuis 2014) contrôle la solidité des banques.
- Ratio de solvabilité : les banques doivent détenir un minimum de fonds propres par rapport à leurs actifs pondérés par les risques. Les accords de Bâle (Bâle III après 2008) ont renforcé ces exigences, ainsi que des règles de liquidité.
- Garantie des dépôts : elle limite le risque de panique bancaire en rassurant les déposants.
- Prêteur en dernier ressort : la banque centrale peut fournir des liquidités aux banques solvables pour éviter des faillites en chaîne.
Aléa moral : Situation où un acteur protégé contre un risque adopte un comportement plus risqué. Si les grandes banques savent qu’elles seront secourues (« too big to fail »), elles peuvent prendre davantage de risques : c’est pourquoi la régulation et la supervision accompagnent les dispositifs de sauvetage.
À retenir
- 1929 et 2008 : bulles, krachs, faillites bancaires, récession.
- Bulle : prix au-delà de la valeur fondamentale, entretenu par le mimétisme.
- Panique bancaire et faillites en chaîne : risque systémique.
- Transmission : effet de richesse, baisse des collatéraux, contraction du crédit.
- Régulation : supervision, ratios de solvabilité, garantie des dépôts ; limiter l’aléa moral.

Et maintenant, à toi !
Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.