En 1848, la France instaure le suffrage universel masculin : elle est l’un des premiers pays à le faire durablement. Mais l’apprentissage de la démocratie est difficile. Le premier président élu, Louis-Napoléon Bonaparte, renverse la République et fonde le Second Empire, un régime autoritaire qui s’appuie pourtant sur le vote populaire.

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Objectifs
- Connaître les grandes mesures de la Deuxième République
- Comprendre les tensions sociales et politiques de 1848-1851
- Expliquer le fonctionnement du Second Empire, entre autoritarisme et libéralisation
- Analyser le rôle du suffrage universel et du plébiscite
1. 1848 : une République démocratique et sociale
Après les journées révolutionnaires de février 1848, la Deuxième République est proclamée le 24 février. Le gouvernement provisoire, où siègent le poète Lamartine et le socialiste Louis Blanc, prend des mesures fondatrices.
- Suffrage universel masculin (mars 1848) : le corps électoral passe d’environ 250 000 à plus de 9 millions d’électeurs.
- Abolition de l’esclavage dans les colonies (décret du 27 avril 1848), préparée par Victor Schœlcher.
- Libertés de presse et de réunion, abolition de la peine de mort en matière politique.
- Ateliers nationaux pour donner du travail aux chômeurs parisiens.
2. Les fractures de la République (1848-1851)
La fermeture des Ateliers nationaux provoque l’insurrection ouvrière des journées de Juin (23-26 juin 1848), réprimée dans le sang par le général Cavaignac. La République se coupe d’une partie des ouvriers.
- Novembre 1848 : la Constitution prévoit un président élu au suffrage universel pour quatre ans, non rééligible immédiatement.
- 10 décembre 1848 : Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Iᵉʳ, est élu président avec environ 74 % des voix, grâce au prestige de son nom.
- Loi du 31 mai 1850 : l’Assemblée conservatrice restreint le suffrage universel ; environ 3 millions d’électeurs, surtout des ouvriers, en sont exclus.
3. Le coup d’État et l’Empire autoritaire
Le 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte dissout l’Assemblée et rétablit le suffrage universel. La résistance républicaine est réprimée (arrestations, déportations, exil de Victor Hugo). Un plébiscite approuve le coup d’État ; l’Empire est rétabli le 2 décembre 1852 : il devient Napoléon III.
Plébiscite : Vote par lequel les citoyens répondent par oui ou par non à une question posée par le pouvoir ; il sert à légitimer un chef plus qu’à exprimer un choix entre plusieurs options.
- Pouvoir exécutif fort : l’empereur nomme les ministres, propose les lois.
- Candidatures officielles : l’administration soutient les candidats favorables au régime aux élections du Corps législatif.
- Presse surveillée, opposants exilés ou emprisonnés.
4. Vers l’Empire libéral (1860-1870)
À partir des années 1860, Napoléon III libéralise le régime pour élargir sa base : droit d’adresse du Corps législatif, droit de grève (1864), assouplissement de la presse et des réunions (1868). L’opposition républicaine progresse dans les villes.
Le paradoxe de 1870
- Mai 1870 : un plébiscite approuve largement les réformes libérales ; le régime semble consolidé.
- 2 septembre 1870 : Napoléon III est fait prisonnier à Sedan par l’armée prussienne.
- 4 septembre 1870 : la République est proclamée à Paris.
Le Second Empire tombe sur une défaite militaire, et non sous la pression du suffrage universel.
À retenir
- 1848 : la Deuxième République instaure le suffrage universel masculin et abolit l’esclavage.
- Les journées de Juin 1848 et la loi de 1850 montrent les tensions entre République et peuple ouvrier.
- Coup d’État du 2 décembre 1851, Empire rétabli le 2 décembre 1852.
- Le Second Empire, autoritaire puis libéral, s’appuie sur le plébiscite ; il tombe après Sedan (1870).

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