En 1789, la France rompt avec la monarchie absolue et la société d’ordres. La Révolution affirme que la souveraineté appartient à la nation, c’est-à-dire à l’ensemble des citoyens. De 1789 à 1815, cette idée nouvelle se diffuse en Europe, portée par les guerres de la Révolution puis par l’Empire de Napoléon, mais suscite aussi des résistances.

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Objectifs
- Comprendre comment la Révolution fonde la souveraineté nationale
- Connaître les grandes étapes de 1789 à 1815
- Expliquer les limites de la citoyenneté révolutionnaire
- Analyser l’héritage de Napoléon et la diffusion des idées révolutionnaires en Europe
1. 1789 : la nation devient souveraine
Réunis à Versailles le 5 mai 1789, les États généraux se transforment : le 17 juin, les députés du tiers état se proclament Assemblée nationale, puis jurent le 20 juin de ne pas se séparer avant d’avoir donné une Constitution au royaume (serment du Jeu de paume). Le 14 juillet, le peuple parisien prend la Bastille.
- Nuit du 4 août 1789 : abolition des privilèges et des droits féodaux ; la société d’ordres disparaît.
- 26 août 1789 : Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC). Son article 3 affirme que le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation.
- 14 juillet 1790 : la fête de la Fédération célèbre l’unité de la nation.
Souveraineté nationale : Principe selon lequel le pouvoir appartient à la nation, qui l’exerce par l’intermédiaire de représentants élus. Il s’oppose à la monarchie de droit divin.
2. De la monarchie constitutionnelle à la République
| Date | Événement | Portée |
|---|---|---|
| 1791 | Première Constitution écrite : monarchie constitutionnelle | Séparation des pouvoirs, suffrage censitaire |
| Juin 1791 | Fuite du roi, arrêté à Varennes | La confiance envers Louis XVI s’effondre |
| Avril 1792 | Déclaration de guerre au roi de Bohême et de Hongrie | Début des guerres révolutionnaires |
| 10 août 1792 | Prise des Tuileries, chute de la monarchie | Élection de la Convention au suffrage universel masculin |
| 21-22 septembre 1792 | Abolition de la royauté, début de la République | Victoire de Valmy (20 septembre) |
| 21 janvier 1793 | Exécution de Louis XVI | Rupture définitive avec la monarchie |
En 1793-1794, face à la guerre extérieure et aux révoltes intérieures (Vendée), la Convention montagnarde met en place un gouvernement d’exception : la Terreur. La levée en masse (août 1793) mobilise les citoyens pour défendre la patrie. Après la chute de Robespierre (juillet 1794), le Directoire (1795-1799) gouverne une République affaiblie.
3. Une citoyenneté nouvelle mais limitée
- Avancées : égalité civile, citoyenneté accordée aux protestants puis aux juifs (septembre 1791), mariage civil et divorce (1792), abolition de l’esclavage par la Convention le 4 février 1794.
- Exclusions : les femmes n’obtiennent pas le droit de vote. Olympe de Gouges rédige en 1791 une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ; elle est guillotinée en 1793.
- Débats : en 1791, le suffrage est censitaire (citoyens « actifs » et « passifs ») ; le suffrage universel masculin n’est appliqué qu’en 1792.
4. Napoléon : consolider et exporter la Révolution ?
Par le coup d’État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), Bonaparte prend le pouvoir. Premier consul, il se fait sacrer empereur le 2 décembre 1804. Il conserve certains acquis de la Révolution (égalité civile, abolition des privilèges) mais exerce un pouvoir autoritaire : censure, plébiscites, police.
- Les « masses de granit » : préfets (1800), Concordat avec le pape (1801), lycées et Légion d’honneur (1802), Code civil (1804).
- Retours en arrière : rétablissement de l’esclavage (1802), inégalité des époux dans le Code civil, fin des libertés politiques.
- Saint-Domingue : la révolte menée notamment par Toussaint Louverture aboutit à l’indépendance d’Haïti le 1er janvier 1804.
5. L’Europe entre diffusion des idées et réveil des nations
Vers 1811, le Grand Empire domine une grande partie de l’Europe. Dans les territoires conquis, la France introduit le Code civil, abolit les droits féodaux et diffuse l’idée de nation. Mais la domination française (impôts, conscription, pillages) provoque des résistances qui renforcent les sentiments nationaux.
Deux réactions nationales
- Espagne (1808) : soulèvement de Madrid contre les troupes françaises, puis guérilla ; le peintre Goya en représente la répression.
- États allemands : le philosophe Fichte prononce ses Discours à la nation allemande (1807-1808), fondés sur la langue et la culture communes.
L’idée de nation se retourne contre la France : les peuples revendiquent leur propre souveraineté. Après la campagne de Russie (1812) et la défaite de Leipzig (1813), l’Empire s’effondre ; Waterloo (18 juin 1815) met fin aux Cent-Jours.
À retenir
- 1789 : la souveraineté passe du roi à la nation (Assemblée nationale, DDHC).
- 1792 : chute de la monarchie et naissance de la République, dans un contexte de guerre.
- La citoyenneté révolutionnaire progresse mais exclut les femmes ; l’esclavage, aboli en 1794, est rétabli en 1802.
- Napoléon consolide une partie de l’héritage révolutionnaire (Code civil) dans un régime autoritaire.
- La domination napoléonienne diffuse l’idée de nation… et provoque des résistances nationales.

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