Au milieu du XIXᵉ siècle, la France connaît une forte accélération de son industrialisation. Le chemin de fer, les banques et l’État transforment l’économie, les villes et la société. Pourtant, la France reste un pays largement rural, où l’industrie moderne coexiste avec l’artisanat et le travail à domicile.

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Objectifs
- Identifier les moteurs de l’industrialisation sous le Second Empire
- Comprendre le rôle de l’État, des banques et du chemin de fer
- Décrire les transformations des villes et du monde ouvrier
- Nuancer : une industrialisation progressive dans une France encore rurale
1. Les moteurs de la croissance
- Le chemin de fer : la loi de 1842 organise un réseau en étoile autour de Paris. Il passe d’environ 3 000 km vers 1850 à environ 17 000 km en 1870. Il stimule la sidérurgie, les mines et le commerce.
- Les banques : de nouvelles banques de dépôt et d’affaires drainent l’épargne vers l’industrie (Crédit mobilier des frères Pereire en 1852, Crédit lyonnais en 1863, Société générale en 1864).
- L’État : Napoléon III, influencé par le saint-simonisme, encourage les grands travaux et signe en 1860 un traité de libre-échange avec le Royaume-Uni.
- Les Expositions universelles de Paris (1855, 1867) mettent en scène le progrès technique.
Saint-simonisme : Courant de pensée inspiré du comte de Saint-Simon, qui voit dans l’industrie, la banque et les réseaux de communication les moteurs du progrès et du bien-être.
2. Des espaces transformés
L’industrie se concentre dans des bassins : le Nord (textile, charbon), la Lorraine (fer), Le Creusot (sidérurgie, entreprise Schneider), la région lyonnaise (soie). Les villes grandissent grâce à l’exode rural.
Paris transformé par Haussmann
Préfet de la Seine de 1853 à 1870, le baron Haussmann perce de grandes avenues, construit des égouts, des parcs et des gares. Paris devient une capitale moderne, mais les loyers augmentent et les ouvriers sont repoussés vers l’est et la périphérie.
De nouveaux lieux de consommation apparaissent, comme le grand magasin Au Bon Marché, développé à partir de 1852 par Aristide Boucicaut.
3. La condition ouvrière
- Journées longues (souvent plus de 12 heures), salaires faibles, accidents fréquents, logements insalubres.
- Travail des femmes et des enfants : la loi de 1841 interdit le travail des enfants de moins de 8 ans dans les entreprises de plus de 20 ouvriers, mais elle est peu appliquée.
- Paternalisme : certains patrons (Schneider au Creusot) encadrent la vie ouvrière (logements, écoles, soins) en échange de discipline et de fidélité.
4. Une France encore rurale
En 1870, environ deux Français sur trois vivent encore à la campagne. L’industrialisation française est plus lente et plus diffuse qu’au Royaume-Uni : petites entreprises familiales, ateliers et travail à domicile restent nombreux.
| Permanences | Mutations |
|---|---|
| Population majoritairement rurale | Exode rural, croissance des villes |
| Artisanat, ateliers, travail à domicile | Grandes usines, sidérurgie, mines |
| Notables et propriétaires fonciers | Bourgeoisie d’affaires, ouvriers d’usine |
À retenir
- Chemin de fer, banques et État sont les moteurs de l’industrialisation sous le Second Empire.
- Les villes se transforment (Paris d’Haussmann) et attirent les ruraux.
- Le monde ouvrier vit dans des conditions difficiles ; le droit de grève est reconnu en 1864.
- La France s’industrialise sans cesser d’être majoritairement rurale.

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