Histoire-géographie · Seconde

Tensions, mutations et crispations de la société d’ordres

Dans la France des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, la société est divisée en trois ordres inégaux en droits. Au XVIIIᵉ siècle, cette organisation est bousculée par la croissance de la population, l’enrichissement d’une partie de la bourgeoisie et l’essor du commerce colonial, tandis que les privilégiés défendent leurs avantages. Ces tensions préparent la crise de 1789.

Objectifs

  • Décrire l’organisation de la société d’ordres et ses privilèges
  • Montrer les mutations économiques et sociales du XVIIIᵉ siècle
  • Comprendre la place du commerce colonial et de l’esclavage dans l’enrichissement
  • Expliquer les tensions et les crispations à la veille de la Révolution

1. Une société de trois ordres

Privilège : Droit particulier (« loi privée ») accordé à un ordre, un corps (ville, métier, province) ou une personne, qui le distingue du reste de la population : exemption fiscale, juridiction propre, droit honorifique…

Chaque ordre est lui-même très inégal : un évêque issu de la noblesse n’a rien de commun avec un curé de campagne, un grand noble de cour avec un petit noble de province. Le tiers état, qui représente l’immense majorité de la population, va du riche négociant au journalier agricole.

2. Une société en mutation au XVIIIᵉ siècle

  • Croissance démographique : la France passe d’environ 22 millions d’habitants vers 1715 à environ 28 millions en 1789 (ordres de grandeur), grâce au recul des grandes famines et épidémies.
  • Essor du commerce : les ports atlantiques (Bordeaux, Nantes, La Rochelle, Le Havre) s’enrichissent grâce au commerce colonial.
  • Ascension de la bourgeoisie : négociants, banquiers, avocats, médecins s’enrichissent et s’instruisent. Certains achètent des offices anoblissants (surnommés « savonnettes à vilain ») pour entrer dans la noblesse.

3. Le monde des campagnes

Environ quatre Français sur cinq vivent à la campagne. Les paysans paient la taille au roi, la dîme au clergé, des droits seigneuriaux au seigneur (cens, banalités, corvées). Les mauvaises récoltes provoquent encore des disettes.

4. Crispations et blocages à la fin du XVIIIᵉ siècle

  • La noblesse se ferme : l’édit de Ségur (1781) réserve l’accès aux grades d’officier de l’armée aux nobles pouvant prouver quatre générations de noblesse.
  • Certains seigneurs font revivre d’anciens droits oubliés : on parle de réaction seigneuriale.
  • Les tentatives de réforme fiscale visant à faire payer les privilégiés échouent face à l’opposition des parlements et des privilégiés.
  • En 1789, les cahiers de doléances rédigés pour les états généraux expriment les attentes : égalité devant l’impôt, fin de certains droits seigneuriaux.

À retenir

  • Société d’ordres : clergé, noblesse (privilégiés) et tiers état, inégaux en droits.
  • Les ordres sont eux-mêmes très divers ; le tiers état rassemble l’immense majorité de la population.
  • Au XVIIIᵉ siècle : croissance démographique, essor du commerce colonial fondé sur l’esclavage, ascension de la bourgeoisie.
  • Le Code noir (1685) encadre l’esclavage dans les colonies françaises.
  • Les privilégiés se crispent (édit de Ségur, 1781) ; les blocages préparent la crise de 1789.

Et maintenant, à toi !

Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.

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