À la veille de 1914, la France compte environ 39 millions d’habitants. Une seconde industrialisation transforme l’économie, le monde ouvrier s’organise, des immigrés s’installent et la place des femmes commence à évoluer. Pourtant, la société française reste marquée par la ruralité et par de fortes permanences.

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Objectifs
- Décrire une société encore largement rurale
- Comprendre l’essor du monde ouvrier et de ses organisations
- Connaître la place des immigrés et les tensions qu’elle suscite
- Analyser l’évolution, limitée, de la condition des femmes
1. Une France encore rurale
En 1911, plus de la moitié des Français vivent toujours à la campagne, et l’agriculture emploie environ 40 % des actifs. La petite exploitation familiale domine. Le monde rural se transforme pourtant : chemin de fer, école, service militaire et presse intègrent les campagnes à la nation.
2. Seconde industrialisation et monde ouvrier
Depuis la fin du XIXᵉ siècle, de nouveaux secteurs se développent : électricité, chimie, automobile (Renault, Peugeot), aluminium. Le nombre d’ouvriers augmente, dans les grandes usines comme dans les ateliers.
- 1895 : fondation de la CGT (Confédération générale du travail) ; en 1906, la charte d’Amiens affirme son indépendance vis-à-vis des partis.
- 1905 : fondation de la SFIO (parti socialiste unifié), animée notamment par Jean Jaurès.
- Grèves nombreuses, parfois réprimées : à Fourmies, le 1er mai 1891, la troupe tire sur les manifestants et fait 9 morts.
- Courrières, 10 mars 1906 : une catastrophe minière fait plus de 1 000 morts et provoque une grande grève.
| Date | Mesure |
|---|---|
| 1898 | Responsabilité de l’employeur en cas d’accident du travail |
| 1906 | Repos hebdomadaire obligatoire ; création du ministère du Travail |
| 1910 | Retraites ouvrières et paysannes |
3. Bourgeoisie, classes moyennes et Belle Époque
La bourgeoisie (industriels, banquiers, professions libérales) domine l’économie et la vie politique. Les classes moyennes (employés, petits fonctionnaires, instituteurs, commerçants) progressent grâce à l’école et aux services. La « Belle Époque », expression forgée après la guerre, désigne une période de loisirs nouveaux (cinéma, sport, cafés-concerts) surtout accessibles aux citadins aisés.
4. Immigrés et femmes : intégration et inégalités
- Immigration : la France, à la natalité faible, attire des travailleurs belges, italiens, espagnols ou polonais ; en 1911, on compte plus d’un million d’étrangers. La loi de 1889 facilite l’accès des enfants d’étrangers nés en France à la nationalité.
- Xénophobie et antisémitisme : en août 1893, des ouvriers italiens sont massacrés à Aigues-Mortes ; l’antisémitisme se manifeste pendant l’affaire Dreyfus.
- Femmes : elles travaillent massivement (agriculture, textile, domesticité, commerce) mais restent juridiquement soumises à leur mari. La loi de 1907 leur permet de disposer librement de leur salaire. Marie Curie reçoit deux prix Nobel (1903 et 1911).
- Féminisme : des militantes comme Hubertine Auclert réclament le droit de vote, sans l’obtenir.
À retenir
- La France de 1914 reste à moitié rurale ; les paysans sont un pilier de la République.
- La seconde industrialisation fait grandir le monde ouvrier, qui s’organise (CGT 1895, SFIO 1905).
- Une législation sociale apparaît (1898, 1906, 1910).
- Immigrés et femmes participent à l’économie mais subissent xénophobie et inégalités juridiques.

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