Comment additionner des baguettes, des voitures et des cours de mathématiques ? En comptant leur valeur en euros. Mais pour mesurer correctement la richesse créée, il ne faut pas compter plusieurs fois la même chose : c’est tout l’intérêt de la valeur ajoutée et du produit intérieur brut (PIB).
Objectifs
- Calculer la valeur ajoutée d’un producteur
- Comprendre pourquoi le PIB additionne des valeurs ajoutées
- Distinguer PIB en valeur et PIB en volume, et définir la croissance économique
- Connaître les limites du PIB, notamment écologiques
1. La valeur ajoutée
Valeur ajoutée (VA) : Richesse réellement créée par un producteur : valeur de sa production moins la valeur des consommations intermédiaires (biens et services achetés à d’autres producteurs et transformés ou détruits pendant la production).
VA = valeur de la production − consommations intermédiaires
Une boulangerie vend pour 200 000 € de pain et de gâteaux dans l’année
- Elle achète pour 80 000 € de farine, beurre, électricité… (consommations intermédiaires).
- VA = 200 000 − 80 000 = 120 000 €.
La boulangerie a créé 120 000 € de richesse, qui servira à payer les salaires, les impôts liés à la production et à dégager un profit.
2. Du producteur au pays : le PIB
Pourquoi additionner les VA et non les chiffres d’affaires ?
- L’agriculteur vend du blé au meunier : 100 € (on suppose qu’il n’a pas de consommations intermédiaires). VA = 100 €.
- Le meunier vend la farine au boulanger : 250 €. VA = 250 − 100 = 150 €.
- Le boulanger vend le pain : 600 €. VA = 600 − 250 = 350 €.
- Somme des VA : 100 + 150 + 350 = 600 €, soit la valeur du produit final.
Additionner les chiffres d’affaires (100 + 250 + 600 = 950 €) compterait le blé trois fois : c’est un double compte.
Produit intérieur brut (PIB) : Agrégat qui mesure la richesse produite pendant une année par les producteurs résidant sur le territoire national. Il est égal à la somme des valeurs ajoutées, à laquelle on ajoute les impôts sur les produits (comme la TVA) et on retire les subventions sur les produits.
3. La croissance économique
Croissance économique : Augmentation durable de la production d’un pays, mesurée par le taux de variation du PIB en volume.
- PIB en valeur (ou nominal) : calculé aux prix de l’année ; il augmente aussi quand les prix augmentent.
- PIB en volume (ou réel) : on retire l’effet de la hausse des prix ; il mesure l’évolution des quantités produites.
4. Les limites du PIB
- Il ignore la production domestique et le bénévolat, pourtant utiles.
- Il ne dit rien de la répartition des richesses : un PIB élevé peut s’accompagner de fortes inégalités.
- Il ne mesure pas directement le bien-être (santé, éducation, loisirs).
- Il ne retire pas les dégradations de l’environnement : pollution, émissions de gaz à effet de serre, épuisement des ressources naturelles. Réparer les dégâts d’une catastrophe peut même faire augmenter le PIB.
La croissance peut donc avoir des limites écologiques : produire davantage consomme des ressources et génère des pollutions. D’autres indicateurs complètent le PIB, comme l’indice de développement humain (IDH, qui combine revenu, santé et éducation) ou l’empreinte carbone.
À retenir
- VA = production − consommations intermédiaires.
- PIB ≈ somme des valeurs ajoutées (+ impôts sur les produits − subventions sur les produits).
- Croissance = taux de variation du PIB en volume.
- Le PIB ne mesure ni le bien-être, ni les inégalités, ni les dégâts environnementaux.

Et maintenant, à toi !
Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.