Depuis 1992, la Communauté européenne est devenue l’Union européenne (UE). Elle s’est approfondie (monnaie unique, nouvelles compétences) et élargie jusqu’à 28 membres, avant le départ du Royaume-Uni. Mais elle fait aussi face à des remises en question : rejets de traités, crises économiques et migratoires, montée de l’euroscepticisme.

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Objectifs
- Distinguer élargissement et approfondissement
- Connaître les grands traités depuis Maastricht
- Expliquer les élargissements, notamment celui de 2004
- Analyser les crises et contestations de la construction européenne
1. Approfondir : de Maastricht à Lisbonne
Approfondissement : Renforcement de l’intégration entre les États membres : nouvelles compétences communes, institutions plus fortes, monnaie unique.
- Traité de Maastricht (signé en février 1992, en vigueur en novembre 1993) : création de l’Union européenne, de la citoyenneté européenne et du projet de monnaie unique. En France, il est approuvé de justesse par référendum (environ 51 % de « oui », septembre 1992).
- Espace Schengen : libre circulation des personnes sans contrôle aux frontières intérieures, appliquée à partir de 1995.
- Euro : monnaie de compte en 1999, pièces et billets en circulation le 1er janvier 2002 ; la Banque centrale européenne siège à Francfort.
- Traité de Lisbonne (signé en 2007, en vigueur en décembre 2009) : président stable du Conseil européen, haut représentant pour les affaires étrangères, pouvoirs accrus du Parlement européen.
2. Élargir : de 12 à 28 membres
| Année | Nouveaux membres | Total |
|---|---|---|
| 1995 | Autriche, Finlande, Suède | 15 |
| 2004 | Dix pays : Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Slovénie, Malte, Chypre | 25 |
| 2007 | Bulgarie, Roumanie | 27 |
| 2013 | Croatie | 28 |
L’élargissement de 2004 réunifie symboliquement le continent après la guerre froide. Pour adhérer, un État doit respecter les critères de Copenhague (1993) : démocratie et État de droit, économie de marché, reprise du droit européen.
3. Des remises en question
- 2005 : la France (29 mai) et les Pays-Bas rejettent par référendum le traité établissant une Constitution pour l’Europe ; le traité de Lisbonne en reprend ensuite l’essentiel.
- Crise des dettes souveraines (à partir de 2010) : la Grèce, notamment, doit appliquer des plans d’austérité en échange de prêts européens.
- Crise migratoire (2015) : l’arrivée de plus d’un million de demandeurs d’asile divise les États sur l’accueil et la répartition.
- Brexit : par référendum (23 juin 2016), les Britanniques votent pour quitter l’UE, ce qui devient effectif le 31 janvier 2020. L’UE compte désormais 27 membres.
Euroscepticisme : Méfiance ou hostilité envers la construction européenne, au nom de la souveraineté nationale ou d’une critique de ses politiques.
4. Une Europe à plusieurs vitesses, qui coopère face aux crises
Tous les États ne participent pas à toutes les politiques : la zone euro et l’espace Schengen ne recouvrent pas exactement l’UE (la Suisse ou la Norvège sont dans Schengen sans être membres de l’UE). Face aux crises récentes, l’UE a aussi su renforcer sa coopération : plan de relance commun après la pandémie de Covid-19 (2020), soutien à l’Ukraine depuis 2022.
À retenir
- Approfondissement : Maastricht (1992, UE), Schengen, euro (2002), Lisbonne (2009).
- Élargissement : de 12 à 28 membres, avec le grand élargissement de 2004 vers l’Est.
- Remises en question : rejet du traité constitutionnel (2005), crise de la dette, crise migratoire, Brexit (2016-2020).
- Une Europe à géométrie variable : zone euro et Schengen ≠ UE.

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