Des moqueries répétées, des rumeurs, des messages blessants sur un groupe de discussion… Le harcèlement fait souffrir et peut avoir des conséquences très graves. Il repose souvent sur le rejet d’une différence. Depuis 2022, le harcèlement scolaire est un délit à part entière. Chacun, victime ou témoin, peut agir.
Objectifs
- Définir le harcèlement et le cyberharcèlement
- Comprendre le lien entre stéréotypes, discrimination et harcèlement
- Connaître la loi du 2 mars 2022 et les sanctions
- Savoir réagir et à qui s’adresser (3018, adultes du collège)
1. Qu’est-ce que le harcèlement ?
Harcèlement : Propos ou comportements répétés qui ont pour but ou pour effet de dégrader les conditions de vie d’une personne et d’altérer sa santé physique ou mentale.
- La violence : insultes, moqueries, coups, rumeurs, mise à l’écart.
- La répétition : les attaques durent dans le temps.
- L’isolement de la victime : elle est seule face à un ou plusieurs agresseurs, souvent devant des témoins.
Le harcèlement s’appuie souvent sur des stéréotypes et des préjugés : on cible un élève pour son apparence, son origine, son handicap, son orientation sexuelle supposée, ses résultats… C’est pourquoi il est lié aux discriminations.
2. Le cyberharcèlement
Cyberharcèlement : Harcèlement commis au moyen d’outils numériques : réseaux sociaux, messageries, jeux en ligne.
- Il ne s’arrête pas à la sortie du collège : il poursuit la victime jusque chez elle.
- Les contenus peuvent être partagés très vite et vus par beaucoup de monde.
- Les auteurs se croient parfois anonymes ou protégés par l’écran : ils ne le sont pas.
- « Liker » ou partager un message humiliant, c’est participer au harcèlement.
3. Ce que dit la loi
La loi du 2 mars 2022 visant à combattre le harcèlement scolaire a créé un délit de harcèlement scolaire (article 222-33-2-3 du Code pénal). Les peines dépendent de la gravité des conséquences pour la victime et peuvent aller jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende lorsque le harcèlement a conduit la victime à se suicider ou à tenter de le faire. Le harcèlement commis en ligne (cyberharcèlement) est puni lui aussi : la loi s’applique sur internet comme ailleurs.
Pour les auteurs mineurs, la justice des mineurs adapte la réponse à l’âge : mesures éducatives et sanctions adaptées. Au collège, des sanctions disciplinaires (jusqu’à l’exclusion) sont possibles.
Le droit s’adapte aussi au numérique : la loi du 24 juin 2020 contre les contenus haineux sur internet a créé un Observatoire de la haine en ligne, et le règlement européen sur les services numériques (Digital Services Act) oblige les grandes plateformes à retirer rapidement les contenus illicites signalés.
4. Victime ou témoin : agir
- Ne pas rester seul : en parler à un adulte de confiance (parents, professeur, CPE, infirmière, assistante sociale).
- Garder des preuves : captures d’écran avec la date et le nom des comptes.
- Signaler les contenus sur la plateforme et bloquer les auteurs.
- Appeler le 3018 : numéro national gratuit, anonyme et confidentiel contre le harcèlement et le cyberharcèlement. Il peut aider à faire supprimer des contenus en ligne.
- En cas de danger immédiat : 17 (police) ou 112 ; enfant en danger : 119.
À retenir
- Harcèlement = violence + répétition + isolement de la victime.
- Le cyberharcèlement se fait en ligne et poursuit la victime partout.
- Depuis la loi du 2 mars 2022, le harcèlement scolaire est un délit (jusqu’à 10 ans de prison dans les cas les plus graves).
- Le harcèlement repose souvent sur des stéréotypes et des discriminations.
- Victime ou témoin : parler à un adulte, garder des preuves, appeler le 3018.

Et maintenant, à toi !
Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.