Philosophie · Terminale

La science

La science jouit d’un prestige immense : « c’est scientifique » vaut presque preuve. Mais qu’est-ce qui distingue une connaissance scientifique d’une opinion ? La science part-elle des faits ou des théories ? Atteint-elle des vérités définitives ? Et peut-elle répondre à toutes nos questions ?

Une question sur ce cours ?

ULU, le tuteur d’ULUMINE, t’aide à partir de ce cours.

Séance guidée avec ULU (≈ 10 min)Diagnostic, explication, exercices adaptés et bilan.

Objectifs

  • Distinguer science, opinion et technique
  • Comprendre la démarche expérimentale et le rôle de l’hypothèse
  • Connaître les analyses de Bachelard et de Popper
  • Réfléchir aux limites et aux enjeux éthiques de la science

1. Science et opinion

Science : Ensemble de connaissances objectives, méthodiques et vérifiables, organisées en théories qui expliquent des phénomènes par des lois.

Bachelard (La Formation de l’esprit scientifique, 1938) soutient que la science se construit contre l’opinion : l’opinion pense mal, elle traduit des besoins en connaissances. Il appelle obstacles épistémologiques les habitudes de pensée (expérience première, généralisation hâtive, images familières) qui freinent le progrès scientifique.

2. La démarche expérimentale

  1. Observation d’un fait qui pose problème.
  2. Hypothèse : idée qui pourrait l’expliquer.
  3. Expérimentation : on provoque des conditions contrôlées pour mettre l’hypothèse à l’épreuve.
  4. Conclusion : l’hypothèse est retenue (provisoirement) ou rejetée.

Le médecin Claude Bernard (Introduction à l’étude de la médecine expérimentale, 1865) insiste sur le rôle de l’idée préconçue : l’expérience ne parle que si on l’interroge à partir d’une hypothèse, mais il faut être prêt à abandonner celle-ci si les faits la contredisent.

3. Vérifier ou réfuter ?

Popper (Logique de la découverte scientifique, 1934) propose un critère de démarcation : une théorie est scientifique si elle est réfutable (falsifiable), c’est-à-dire si l’on peut concevoir une observation qui la contredirait. On ne prouve jamais définitivement une théorie ; on la corrobore tant qu’elle résiste aux tentatives de réfutation.

Le progrès scientifique est donc fait de rectifications (Bachelard) et de remplacements de théories : la mécanique de Newton reste valable dans un domaine limité, mais la relativité l’a dépassée.

4. Limites et responsabilité

  • Comte (Cours de philosophie positive) : l’esprit humain passerait par trois états (théologique, métaphysique, positif) ; l’état positif renonce à chercher les causes premières pour établir des lois.
  • Expliquer / comprendre : les sciences de la nature expliquent par des causes ; les sciences humaines cherchent aussi à comprendre le sens des actions (distinction travaillée notamment par Weber).
  • Scientisme : croire que la science peut répondre à toutes les questions, y compris morales. Or la science dit ce qui est, non ce qui doit être.
  • Responsabilité : les applications de la science (nucléaire, génétique) posent des questions éthiques que la science seule ne tranche pas (voir « La technique »).

À retenir

  • Bachelard : la science se construit contre l’opinion ; obstacles épistémologiques.
  • Démarche expérimentale : observation, hypothèse, expérimentation, conclusion.
  • Hume : l’induction n’est pas une preuve logique.
  • Popper : est scientifique ce qui est réfutable.
  • La science dit ce qui est, pas ce qui doit être.

Et maintenant, à toi !

Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.

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