Philosophie · Terminale

La conscience

Avoir conscience, c’est savoir ce que l’on vit, pense ou fait, au moment même où on le vit. La conscience semble ce qu’il y a de plus intime et de plus certain : pourtant, est-elle une connaissance fiable de soi ? Fait-elle de nous des sujets, responsables de nos actes ?

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Séance guidée avec ULU (≈ 10 min)Diagnostic, explication, exercices adaptés et bilan.

Objectifs

  • Distinguer conscience spontanée, conscience réfléchie et conscience morale
  • Comprendre le cogito cartésien et sa portée
  • Interroger l’identité personnelle et la connaissance de soi
  • Mobiliser les repères médiat / immédiat et objectif / subjectif

1. Définitions et distinctions

Conscience spontanée (ou immédiate) : Présence de l’esprit à ce qu’il perçoit ou fait : je vois, j’entends, je marche en sachant que je marche.

Conscience réfléchie : Retour de l’esprit sur lui-même : je sais que je pense, je m’examine. Elle rend possible le jugement et la connaissance de soi.

Conscience morale : Capacité de juger le bien et le mal de ses propres actes (remords, scrupules). L’étymologie latine, cum scientia, « avec savoir », est commune aux deux sens.

2. La conscience comme fondement : Descartes

Dans le Discours de la méthode (1637) et les Méditations métaphysiques (1641), Descartes pratique un doute méthodique : les sens trompent parfois, je peux rêver, un « malin génie » pourrait me tromper. Mais même si je doute de tout, je ne peux douter que je doute, donc que je pense.

  • La conscience de soi est la première vérité certaine, sur laquelle reconstruire le savoir.
  • Le sujet se définit comme chose qui pense : l’esprit serait plus aisé à connaître que le corps.
  • Pour Descartes, la conscience distingue l’être humain de l’animal, qu’il conçoit sur le modèle d’une machine.

3. Conscience et identité

  • Locke (Essai sur l’entendement humain, 1690 ; le chapitre sur l’identité est ajouté en 1694) : l’identité personnelle repose sur la conscience et la mémoire ; je suis la même personne parce que je peux rattacher à moi mes actions passées. D’où un lien entre conscience et responsabilité.
  • Hume (Traité de la nature humaine, 1739) : quand il s’observe, il ne trouve jamais un « moi » stable, seulement des perceptions particulières qui se succèdent ; le moi serait comme un faisceau de perceptions.
  • Husserl (Méditations cartésiennes, 1931) : toute conscience est conscience de quelque chose (intentionnalité) ; la conscience n’est pas une boîte fermée mais un rapport au monde.

4. Les limites de la conscience

  • Spinoza (Éthique, 1677) : les hommes se croient libres parce qu’ils ont conscience de leurs désirs mais ignorent les causes qui les déterminent.
  • Marx : ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, mais leur existence sociale qui détermine leur conscience (Préface à la Contribution à la critique de l’économie politique, 1859).
  • Freud : une grande partie de la vie psychique est inconsciente ; la conscience n’est qu’une partie, souvent superficielle, du psychisme (voir la notion « L’inconscient »).

Ces critiques ne suppriment pas la conscience : elles montrent qu’elle n’est pas transparente à elle-même. Se connaître devient une tâche, non une donnée.

À retenir

  • Conscience spontanée, réfléchie, morale : trois sens à distinguer.
  • Descartes : le « je pense » est la première certitude.
  • Locke : l’identité personnelle repose sur la conscience et la mémoire ; Hume doute d’un moi stable.
  • Spinoza, Marx, Freud : la conscience ignore une part de ce qui la détermine.

Et maintenant, à toi !

Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.

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