Selon l’ONU, environ 281 millions de personnes vivaient en 2020 dans un autre pays que leur pays de naissance, soit environ 3,6 % de la population mondiale. Les migrations internationales sont donc très médiatisées mais concernent une minorité. Elles prennent des formes variées et transforment les territoires de départ, de transit et d’arrivée.
Objectifs
- Définir un migrant international et distinguer les types de migrations
- Expliquer les causes des migrations (facteurs de départ et d’attraction)
- Décrire les grands flux et leurs évolutions
- Analyser les effets des migrations et les politiques migratoires, notamment en France et en Europe
1. Qui sont les migrants ?
Migrant international : Selon l’ONU, personne qui change de pays de résidence habituelle, en général pour au moins un an.
Réfugié : Personne qui a fui son pays parce qu’elle y craint avec raison d’être persécutée (pour sa religion, son origine, ses opinions…) et qui bénéficie d’une protection internationale définie par la convention de Genève de 1951.
- Migrations de travail : la majorité des migrants cherchent un emploi ou un meilleur revenu.
- Migrations familiales : regroupement familial, mariage.
- Migrations d’études : étudiants internationaux.
- Migrations forcées : guerres, persécutions, catastrophes. Le HCR (Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) compte plus de 100 millions de personnes déplacées de force dans le monde au milieu des années 2020, dont une majorité à l’intérieur de leur propre pays.
2. Pourquoi migrer ?
| Facteurs de départ (répulsifs) | Facteurs d’attraction |
|---|---|
| Pauvreté, chômage | Emplois, salaires plus élevés |
| Guerres, persécutions, instabilité politique | Sécurité, libertés, démocratie |
| Catastrophes, dégradations environnementales | Présence de proches (réseaux familiaux et communautaires) |
| Manque de formations | Universités, système de santé |
Migrer suppose des ressources (argent, information, réseaux) : ce ne sont pas en général les plus pauvres qui partent le plus loin. Le facteur climatique joue un rôle croissant, souvent combiné aux autres.
3. Des flux mondialisés et diversifiés
- Les États-Unis sont le premier pays d’accueil en nombre de migrants ; le corridor Mexique–États-Unis est l’un des plus importants du monde.
- Les pays du Golfe (Arabie saoudite, Émirats arabes unis…) attirent de nombreux travailleurs d’Asie du Sud ; dans certains, les étrangers sont majoritaires dans la population.
- L’Europe est une grande région d’accueil, avec aussi de fortes migrations internes à l’Union européenne.
- Les migrations Sud-Sud sont aussi nombreuses que les migrations Sud-Nord : beaucoup de migrants africains restent sur le continent africain.
L’Inde est le premier pays d’émigration et le premier pays récepteur de transferts de fonds (l’argent envoyé par les migrants à leur famille). À l’échelle mondiale, ces transferts vers les pays à revenu faible et intermédiaire représentent plusieurs centaines de milliards de dollars par an, plus que l’aide publique au développement.
4. Effets des migrations et politiques migratoires
- Pays de départ : transferts de fonds, mais aussi départ de personnes qualifiées (« fuite des cerveaux »).
- Pays d’accueil : main-d’œuvre pour des secteurs en tension, apport démographique, diversité culturelle ; mais aussi débats politiques sur l’intégration.
- Pays de transit : Turquie, Libye, Maroc, Mexique jouent un rôle de filtre, parfois financé par les pays d’arrivée.
L’Union européenne et la France
L’espace Schengen supprime les contrôles aux frontières intérieures mais renforce les frontières extérieures (agence Frontex). La Méditerranée est l’une des routes migratoires les plus meurtrières : des dizaines de milliers de personnes y sont mortes ou disparues depuis 2014 selon l’Organisation internationale pour les migrations. En France, environ 10 % des habitants sont immigrés (nés étrangers à l’étranger), selon l’INSEE ; ils viennent principalement d’Afrique et d’Europe.
À retenir
- Environ 281 millions de migrants internationaux en 2020 (≈ 3,6 % de la population mondiale).
- Causes : économiques, politiques, familiales, environnementales, souvent combinées.
- Flux diversifiés : Sud-Nord, mais aussi Sud-Sud ; grands corridors (Mexique–États-Unis, Asie du Sud–Golfe).
- Transferts de fonds : des centaines de milliards de dollars par an vers les pays de départ.
- Politiques migratoires restrictives aux frontières de l’UE (Schengen, Frontex) ; la Méditerranée, route meurtrière.

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