La Première Guerre mondiale ne concerne pas seulement les soldats. Les civils sont mobilisés pour produire, financer la guerre et tenir moralement : ils en sont les acteurs. Ils en sont aussi les victimes : occupation, déportations, bombardements, blocus, et génocide des Arméniens.

Une question sur ce cours ?
ULU, le tuteur d’ULUMINE, t’aide à partir de ce cours.
Objectifs
- Comprendre comment les États mobilisent leurs sociétés
- Décrire le rôle des femmes et des populations coloniales
- Expliquer le rôle de la propagande et de la censure
- Identifier les formes de violence subies par les civils, dont le génocide des Arméniens
1. L’Union sacrée et la mobilisation politique
En août 1914, les forces politiques françaises, y compris les socialistes, s’unissent pour défendre la patrie : c’est l’Union sacrée, expression employée par le président Raymond Poincaré dans son message au Parlement du 4 août. En Allemagne, une trêve comparable est proclamée (Burgfrieden).
2. Une économie de guerre
- Production : l’État dirige l’économie et oriente les usines vers l’armement (obus, canons, puis chars et avions). En France, le socialiste Albert Thomas organise la production d’armement.
- Main-d’œuvre : les femmes remplacent les hommes dans les champs, les bureaux et les usines ; les « munitionnettes » fabriquent les obus. Des travailleurs coloniaux et chinois sont recrutés.
- Financement : impôts, création monétaire, emprunts nationaux auprès de la population et emprunts aux États-Unis.
Guerre totale : Guerre dans laquelle un État mobilise toutes ses ressources humaines, économiques, financières et morales, et où la distinction entre combattants et civils tend à s’effacer.
3. Contrôler les esprits
- Propagande : affiches, presse, cartes postales et cinéma exaltent l’héroïsme et diabolisent l’ennemi. Les soldats parlent de « bourrage de crâne ».
- Censure : courriers et journaux sont contrôlés. Le Canard enchaîné, fondé en 1915, s’en moque.
- Culture de guerre : la haine de l’ennemi et le sens du sacrifice imprègnent l’école, les Églises, les loisirs.
4. Les civils, victimes de la guerre
- Invasion et occupation : en 1914, l’armée allemande tue plusieurs milliers de civils en Belgique et dans le nord de la France. Tout ou partie de dix départements français restent occupés jusqu’en 1918 : réquisitions, travail forcé, déportations.
- Bombardements : Paris est visé par des avions, des zeppelins et, en 1918, par des canons à longue portée.
- Blocus et guerre sous-marine : le blocus allié provoque des pénuries et la faim en Allemagne ; le paquebot Lusitania est coulé en mai 1915 (près de 1 200 morts).
- Épidémie : la grippe dite « espagnole » (1918-1919) tue des millions de personnes dans le monde.
Le génocide des Arméniens (1915-1916)
- Le gouvernement Jeune-Turc de l’Empire ottoman accuse les Arméniens de complicité avec la Russie.
- À partir d’avril 1915, élites arméniennes arrêtées à Constantinople, hommes massacrés, femmes, enfants et vieillards déportés vers les déserts de Syrie.
- Plus d’un million d’Arméniens sont exterminés, soit environ les deux tiers des Arméniens de l’Empire.
Il s’agit d’un génocide : la destruction planifiée d’un peuple en raison de son appartenance. La France l’a reconnu officiellement par une loi en 2001.
À retenir
- L’Union sacrée rassemble les forces politiques en 1914, mais s’use à partir de 1917.
- L’économie de guerre mobilise femmes, travailleurs coloniaux et épargne des civils.
- Propagande et censure encadrent l’opinion.
- Les civils sont victimes : occupation, bombardements, blocus, génocide des Arméniens (1915-1916).

Et maintenant, à toi !
Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.