L’égalité entre les femmes et les hommes est inscrite dans le droit français depuis 1946. Pourtant, des écarts persistent dans les salaires, les métiers, la vie politique ou face aux violences. Comment un principe juridique transforme-t-il progressivement la société, et pourquoi se heurte-t-il à des résistances ?

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ULU, le tuteur d’ULUMINE, t’aide à partir de ce cours.
Objectifs
- Connaître les grandes étapes juridiques de l’égalité femmes-hommes
- Mettre en regard droit et réalité statistique
- Comprendre le rôle des stéréotypes dans l’orientation et les métiers
- Connaître les politiques de lutte contre les violences sexistes et sexuelles
1. Une égalité conquise par le droit
| Date | Étape |
|---|---|
| 21 avril 1944 | Ordonnance accordant aux femmes le droit de vote et d’éligibilité (premier vote le 29 avril 1945) |
| 1946 | Préambule : « La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme. » |
| 13 juillet 1965 | Les femmes mariées peuvent exercer une profession et ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de leur mari |
| 22 décembre 1972 | Principe « à travail égal, salaire égal » |
| 13 juillet 1983 | Loi Roudy sur l’égalité professionnelle |
| 8 juillet 1999 et 6 juin 2000 | Révision constitutionnelle puis loi sur la parité en politique |
| 27 janvier 2011 | Loi Copé-Zimmermann : 40 % de femmes au moins dans les conseils d’administration des grandes entreprises |
Depuis la révision de 2008, l’article 1er de la Constitution précise que la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales. À l’échelle internationale, la France a ratifié la convention de l’ONU sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW, 1979).
2. Une égalité encore incomplète
- Salaires : selon l’Insee, le revenu salarial moyen des femmes reste inférieur de plus d’un cinquième à celui des hommes ; l’écart s’explique en grande partie par le temps partiel et les métiers exercés. À poste et temps de travail comparables, il demeure un écart inexpliqué de l’ordre de 4 %.
- Tâches domestiques : les femmes en assument encore la majorité.
- Vie politique : malgré la parité, l’Assemblée nationale compte un peu plus d’un tiers de femmes depuis 2017 ; les exécutifs locaux restent majoritairement masculins.
3. Stéréotypes, orientation et métiers
Stéréotype de genre : Représentation simplifiée et figée attribuant des qualités, des goûts ou des compétences aux personnes selon leur sexe.
Les filles restent minoritaires dans les filières d’ingénieur et du numérique, tandis que les métiers du soin et de l’éducation restent très féminisés. Ces choix, en partie influencés par des stéréotypes, ont des effets sur les salaires. Des actions existent : index de l’égalité professionnelle dans les entreprises (loi du 5 septembre 2018), associations de promotion des sciences auprès des filles, sensibilisation à l’orientation.
4. Lutter contre les violences sexistes et sexuelles
- Les violences sexistes et sexuelles portent atteinte à la dignité et à la liberté des victimes, et donc à la cohésion d’une société démocratique.
- La loi du 3 août 2018 crée l’infraction d’outrage sexiste (harcèlement de rue) et allonge le délai de prescription des crimes sexuels commis sur des mineurs.
- Le 3919 est le numéro national d’écoute pour les femmes victimes de violences ; le 119 est celui de l’enfance en danger.
À retenir
- Droit de vote des femmes : ordonnance du 21 avril 1944 ; égalité des droits : Préambule de 1946.
- Étapes : 1965 (autonomie des femmes mariées), 1972 (salaire égal), 1983 (loi Roudy), 2000 (parité), 2011 (conseils d’administration).
- Des inégalités persistent (salaires, métiers, politique), alimentées par les stéréotypes.
- Les violences sexistes et sexuelles sont combattues par la loi (outrage sexiste, 2018).

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