Enseignement moral et civique · Première

Laïcité et pluralisme : vivre ensemble avec des convictions différentes

Dans une société démocratique, les citoyens n’ont pas tous la même religion, ni les mêmes convictions philosophiques. Certains croient, d’autres non ; certains pratiquent de façon visible, d’autres discrète. Comment rendre possible la coexistence pacifique de ces différences ? La laïcité y répond en faisant de l’État un arbitre neutre, qui protège chacun et fixe des limites communes.

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Séance guidée avec ULU (≈ 10 min)Diagnostic, explication, exercices adaptés et bilan.

Objectifs

  • Comprendre la laïcité comme condition du pluralisme
  • Connaître le rôle de l’État dans la police des cultes (loi de 1905, art. 27 et 28)
  • Savoir dans quelles conditions la liberté de manifester sa religion peut être restreinte (CEDH, art. 9)
  • Analyser des cas concrets de manière équilibrée

1. Le pluralisme, une réalité et une valeur

Pluralisme : Coexistence, dans une même société, de convictions, d’opinions et de modes de vie différents, reconnue et protégée par le droit.

La laïcité ne cherche pas à effacer les différences : elle garantit à chacun la liberté de conscience et l’égalité de traitement, quelle que soit sa conviction. L’État, qui ne reconnaît aucun culte, n’en favorise ni n’en défavorise aucun : c’est cette neutralité qui lui permet d’être accepté comme arbitre par tous.

2. L’État arbitre : la police des cultes

La loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République a renforcé le contrôle des associations cultuelles et la neutralité des organismes chargés d’un service public. Elle a été soutenue au nom de la lutte contre le séparatisme et critiquée par certains responsables religieux et associations comme trop contraignante pour la liberté de culte.

3. Les limites à la liberté de manifester sa religion

L’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme protège la liberté de pensée, de conscience et de religion. Son paragraphe 2 admet des restrictions à la liberté de manifester sa religion si elles sont prévues par la loi et nécessaires dans une société démocratique à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou des droits et libertés d’autrui.

À retenir

  • La laïcité rend possible la coexistence pacifique de convictions différentes.
  • L’État est un arbitre neutre : police des cultes par le maire (art. 27), pas d’emblème religieux sur les emplacements publics (art. 28).
  • CEDH, art. 9 : la liberté de manifester sa religion peut être restreinte si c’est prévu par la loi et nécessaire.
  • S.A.S. c. France (2014) : la loi de 2010 sur la dissimulation du visage est jugée conforme à la Convention.

Et maintenant, à toi !

Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.

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