Philosophie · Terminale

La justice

« C’est injuste ! » : le sentiment d’injustice est l’un des plus vifs qui soient. Mais qu’est-ce que la justice ? Est-elle ce que disent les lois ou une exigence supérieure aux lois ? Être juste, est-ce traiter tout le monde de la même façon ? Et pourquoi être juste si l’on pouvait être injuste impunément ?

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ULU, le tuteur d’ULUMINE, t’aide à partir de ce cours.

Séance guidée avec ULU (≈ 10 min)Diagnostic, explication, exercices adaptés et bilan.

Objectifs

  • Distinguer la justice comme vertu, comme idéal et comme institution
  • Distinguer légal et légitime, droit naturel et droit positif
  • Comprendre la justice distributive, la justice corrective et l’équité
  • Connaître les conceptions de Platon, Aristote, Pascal et Rawls

1. Trois sens de la justice

La justice comme vertu : Disposition morale à respecter les droits d’autrui et à rendre à chacun ce qui lui est dû.

La justice comme idéal : Exigence d’un ordre juste, qui sert à juger les lois elles-mêmes.

La justice comme institution : Ensemble des tribunaux et des procédures qui appliquent le droit.

2. Pourquoi être juste ?

Dans la République (livre II), Platon rapporte le mythe de l’anneau de Gygès : un berger découvre un anneau qui le rend invisible ; il en profite pour commettre des injustices et s’emparer du pouvoir. Glaucon en conclut que personne n’est juste volontairement, mais seulement par peur du châtiment. Toute la République cherche à montrer, contre cette thèse, que la justice est un bien pour l’âme elle-même : l’homme juste est celui dont l’âme est en harmonie.

Dans le Gorgias, Socrate soutient même qu’il vaut mieux subir l’injustice que la commettre.

3. Égalité et équité : Aristote

  • Justice corrective (ou commutative) : égalité arithmétique dans les échanges et réparations (une chose vaut son prix ; le dommage est réparé à hauteur du préjudice).
  • Justice distributive : égalité proportionnelle ; on répartit honneurs et biens selon le mérite ou la contribution de chacun.
  • Équité (Éthique à Nicomaque, livre V) : la loi est générale et ne peut prévoir tous les cas ; l’équité corrige la loi là où sa généralité la rend injuste dans un cas particulier.

4. Justice, force et institutions

  • Pascal (Pensées) : la justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique ; ne pouvant faire que ce qui est juste soit fort, on a fait que ce qui est fort soit juste.
  • Hobbes (Léviathan, 1651) : avant l’État, il n’y a ni juste ni injuste ; la justice naît des conventions garanties par le souverain.
  • Rawls (Théorie de la justice, 1971) : imaginons des individus qui choisissent les principes de la société sous un voile d’ignorance (sans savoir quelle place ils y occuperont). Ils choisiraient l’égale liberté pour tous, et n’admettraient les inégalités que si elles bénéficient aux plus défavorisés et sont attachées à des positions ouvertes à tous (principe de différence).

À retenir

  • Justice : vertu, idéal, institution.
  • Droit positif (légal) / droit naturel (invoqué comme critère du légitime).
  • Platon : l’anneau de Gygès ; la justice est un bien pour l’âme.
  • Aristote : justice corrective, distributive, équité.
  • Pascal : justice et force ; Rawls : voile d’ignorance et principe de différence.

Et maintenant, à toi !

Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.

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