Philosophie · Terminale

La liberté

Être libre, est-ce faire ce que l’on veut ? Mais nos désirs eux-mêmes ne viennent-ils pas de causes que nous ne choisissons pas ? Et si chacun faisait ce qu’il veut, la liberté de l’un ne détruirait-elle pas celle de l’autre ? La notion de liberté se joue à la fois sur le plan métaphysique (sommes-nous libres ?), moral et politique (comment vivre libres ensemble ?).

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ULU, le tuteur d’ULUMINE, t’aide à partir de ce cours.

Séance guidée avec ULU (≈ 10 min)Diagnostic, explication, exercices adaptés et bilan.

Objectifs

  • Distinguer liberté d’indépendance, libre arbitre et autonomie
  • Discuter le rapport entre liberté et déterminisme
  • Comprendre le lien entre liberté et loi en politique
  • Mobiliser les positions de Descartes, Spinoza, Rousseau, Kant et Sartre

1. Les sens de la liberté

Liberté comme absence de contrainte : Pouvoir agir sans obstacle extérieur. Pour Hobbes (Léviathan, 1651), la liberté est l’absence d’obstacles extérieurs au mouvement.

Libre arbitre : Pouvoir de se déterminer soi-même à choisir entre plusieurs possibles, sans y être contraint par des causes.

Autonomie : Du grec autos (soi-même) et nomos (loi) : se donner à soi-même sa propre loi. S’oppose à l’hétéronomie (recevoir sa loi d’autre chose que de sa raison).

2. Libre arbitre ou déterminisme ?

  • Descartes (Méditations métaphysiques, IV, 1641) : la volonté est infinie ; c’est par elle que l’homme ressemble le plus à Dieu. La liberté d’indifférence (choisir sans raison de préférer un parti) en est le plus bas degré ; la plus haute liberté est de suivre ce que l’on connaît clairement comme vrai et bon.
  • Spinoza (Éthique, 1677 ; lettre à Schuller) : le libre arbitre est une illusion. Une pierre lancée qui prendrait conscience de son mouvement croirait être libre. La liberté véritable est de comprendre la nécessité et d’agir selon sa propre nature, guidé par la raison.
  • Sartre (L’Être et le néant, 1943 ; L’existentialisme est un humanisme, 1946) : l’homme est condamné à être libre ; il n’a pas de nature qui le détermine, il se fait par ses choix et en est responsable. Se cacher derrière un prétendu déterminisme, c’est la mauvaise foi.

3. Liberté et loi

  • Rousseau (Du contrat social, 1762) : l’ouvrage s’ouvre sur le constat que l’homme est né libre et que partout il est dans les fers. Le contrat social doit permettre que chacun, en s’unissant à tous, n’obéisse qu’à lui-même. L’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté.
  • Montesquieu (De l’esprit des lois, 1748) : la liberté politique n’est pas de faire ce que l’on veut, mais de pouvoir faire ce que les lois permettent.
  • Kant (Fondements de la métaphysique des mœurs, 1785) : la volonté libre est celle qui obéit à la loi morale que sa raison se donne : liberté et autonomie se confondent.
  • Mill (De la liberté, 1859) : la société ne peut légitimement limiter la liberté d’un individu que pour empêcher qu’il nuise à autrui.

4. Liberté et responsabilité

La responsabilité suppose la liberté : on ne blâme pas une pierre de tomber. Si tout était déterminé, la morale et le droit perdraient-ils leur fondement ? On peut répondre que, même déterminés, nous agissons d’après des raisons, et que la connaissance de nos déterminations peut accroître notre liberté.

À retenir

  • Trois sens : absence de contrainte, libre arbitre, autonomie.
  • Descartes : volonté infinie ; Spinoza : le libre arbitre est une illusion ; Sartre : l’homme est condamné à être libre.
  • Rousseau : obéir à la loi qu’on s’est prescrite est liberté.
  • Kant : liberté = autonomie de la volonté.
  • Mill : principe de non-nuisance.

Et maintenant, à toi !

Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.

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