Philosophie · Terminale

La religion

La religion est présente dans presque toutes les sociétés humaines. La philosophie ne cherche pas à dire quelle religion est vraie, ni à défendre ou combattre la croyance : elle examine ce qu’est la religion, comment elle se rapporte à la raison, ce qu’elle apporte aux individus et aux sociétés, et comment des convictions différentes peuvent coexister.

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Objectifs

  • Proposer une définition de la religion et distinguer ses dimensions
  • Examiner le rapport entre foi et raison
  • Connaître différentes analyses philosophiques du fait religieux
  • Comprendre les principes de tolérance et de laïcité

1. Qu’est-ce qu’une religion ?

L’étymologie latine est discutée : religare (relier : les hommes entre eux, ou à un principe divin) ou relegere (recueillir, relire avec scrupule). Les deux hypothèses éclairent deux dimensions de la religion : le lien et le rite.

Définition de Durkheim : Dans Les Formes élémentaires de la vie religieuse (1912), le sociologue Émile Durkheim définit la religion comme un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, qui unissent en une même communauté morale ceux qui y adhèrent.

  • Sacré / profane : le sacré est séparé, protégé par des interdits ; le profane est le domaine ordinaire.
  • Croyance / foi : la foi est une adhésion confiante et engagée, qui ne repose pas sur une démonstration.
  • Croire / savoir (repère du programme) : savoir suppose des preuves objectivement suffisantes ; croire, non. Cela ne rend pas la croyance absurde : beaucoup de nos certitudes vitales relèvent de la croyance.

2. Foi et raison

3. Expliquer le fait religieux

Plusieurs philosophes ont proposé d’expliquer la religion par des causes humaines. Ces analyses sont des hypothèses discutées ; elles ne disent pas, à elles seules, si la croyance est vraie ou fausse.

  • Feuerbach (L’Essence du christianisme, 1841) : l’homme projetterait en Dieu ses propres qualités idéalisées.
  • Marx (Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel, introduction, 1844) : la religion serait à la fois l’expression d’une détresse réelle et une protestation contre elle ; il la compare à un opium qui console sans transformer les conditions sociales.
  • Freud (L’Avenir d’une illusion, 1927) : la religion répondrait au besoin de protection éprouvé dans l’enfance ; il la qualifie d’« illusion » au sens d’une croyance motivée par un désir, ce qui, précise-t-il, ne prouve pas qu’elle est fausse.
  • Durkheim : la religion exprime et renforce la cohésion du groupe.
  • Bergson (Les Deux Sources de la morale et de la religion, 1932) : il distingue une religion close (qui assure la cohésion d’un groupe) et une religion ouverte (élan mystique vers l’humanité entière).

4. Religion, tolérance et laïcité

  • Spinoza (Traité théologico-politique, 1670) : l’État doit garantir la liberté de penser et d’exprimer ses opinions.
  • Locke (Lettre sur la tolérance, 1689) : le magistrat civil s’occupe des biens civils (vie, liberté, biens) ; le salut des âmes n’est pas de son ressort, et la foi ne peut être imposée par la contrainte.
  • Laïcité en France : la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, et la République ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte.

À retenir

  • Religion : croyances et pratiques relatives au sacré, qui unissent une communauté (Durkheim).
  • Foi et raison : accord (Thomas d’Aquin), dépassement (Pascal), délimitation (Kant).
  • Feuerbach, Marx, Freud : hypothèses d’explication humaine du fait religieux.
  • Spinoza, Locke : liberté de penser et tolérance ; laïcité (1905).

Et maintenant, à toi !

Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.

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