Nous voulons connaître la vérité et nous détestons être trompés. Mais qu’est-ce qui rend un énoncé vrai ? Peut-on être certain de posséder la vérité ? Chacun a-t-il « sa » vérité ? Et faut-il toujours dire la vérité ?

Une question sur ce cours ?
ULU, le tuteur d’ULUMINE, t’aide à partir de ce cours.
Objectifs
- Définir la vérité et distinguer vérité, réalité et certitude
- Connaître les principaux critères du vrai (correspondance, cohérence, évidence)
- Distinguer opinion, croyance et savoir
- Réfléchir au relativisme et au devoir de vérité
1. Qu’est-ce que la vérité ?
Vérité : Qualité d’un énoncé (ou d’un jugement) conforme à ce qui est. Une chose est réelle ; c’est ce qu’on en dit qui est vrai ou faux.
| Critère | Principe | Limite |
|---|---|---|
| Correspondance | Est vrai ce qui est conforme à la réalité (« il pleut » est vrai s’il pleut). | Comment comparer nos idées à une réalité qu’on ne connaît que par nos idées ? |
| Cohérence | Est vrai ce qui s’accorde sans contradiction avec un ensemble d’énoncés admis (mathématiques). | Un roman peut être cohérent et faux. |
| Évidence | Est vrai ce qui apparaît clairement et distinctement à l’esprit (Descartes). | Une évidence peut être illusoire. |
Leibniz distingue les vérités de raison, nécessaires (leur contraire est impossible, comme en mathématiques), et les vérités de fait, contingentes (leur contraire est possible : « César a franchi le Rubicon »).
2. Opinion, croyance, savoir
- Platon : l’opinion (doxa) peut être vraie par hasard, mais elle n’est pas un savoir tant qu’elle n’est pas justifiée. L’allégorie de la caverne (République, livre VII) décrit le chemin difficile des apparences vers le vrai.
- Croire / savoir (repère du programme) : croire, c’est tenir pour vrai sans preuve suffisante ; savoir, c’est tenir pour vrai avec des raisons objectivement suffisantes.
- Vrai / probable / certain : le certain est ce dont on ne peut douter ; le probable a de bonnes chances d’être vrai ; une croyance peut être certaine subjectivement et fausse.
3. Doute, scepticisme, relativisme
- Scepticisme : Sextus Empiricus expose la démarche sceptique : à tout argument on peut opposer un argument de force égale ; d’où la suspension du jugement, source de tranquillité.
- Doute méthodique : Descartes doute non pour rester dans le doute mais pour trouver une vérité indubitable (le cogito).
- Relativisme : Protagoras, dans le Théétète de Platon, soutient que l’homme est la mesure de toutes choses. Socrate objecte que si tout est vrai pour chacun, la thèse de ceux qui pensent que Protagoras a tort est vraie aussi : le relativisme se réfute lui-même.
- Nietzsche : il interroge la valeur de la volonté de vérité et suggère que nos « vérités » peuvent être des interprétations utiles dont nous avons oublié l’origine.
4. Faut-il toujours dire la vérité ?
Kant, dans D’un prétendu droit de mentir par humanité (1797), répond à Benjamin Constant : même face à un meurtrier qui demande où se cache notre ami, mentir reste un manquement au devoir, car le mensonge ruine la confiance qui fonde toute société. Constant soutenait au contraire qu’on ne doit la vérité qu’à ceux qui y ont droit.
À retenir
- La vérité est une qualité des énoncés, la réalité celle des choses.
- Critères : correspondance, cohérence, évidence.
- Opinion vraie ≠ savoir : le savoir exige une justification (Platon).
- Le relativisme absolu se réfute lui-même ; le doute cartésien est méthodique.
- Kant contre Constant : le débat sur le droit de mentir.

Et maintenant, à toi !
Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.