Enseignement moral et civique · Seconde

Nouveaux droits et limites des libertés

L’État de droit n’est pas figé : sous l’effet de demandes sociales, de débats et de votes, la loi crée de nouveaux droits. Mais il n’est pas non plus l’absence de contraintes : il peut restreindre des libertés pour protéger l’ordre public, et même priver de liberté les personnes condamnées. Comment concilier ces deux mouvements ?

Objectifs

  • Connaître les grandes lois qui ont créé de nouveaux droits depuis les années 1960
  • Comprendre comment un droit nouveau naît d’un débat démocratique
  • Savoir à quelles conditions une liberté peut être restreinte
  • Réfléchir aux droits des détenus et au sens de la peine

1. La loi crée de nouveaux droits

Ces lois répondent à une demande sociale forte, notamment en faveur des droits des femmes et de la maîtrise de la fécondité. Elles ont souvent donné lieu à des débats intenses, au Parlement comme dans la société : leurs adversaires invoquaient d’autres valeurs (protection de la vie à naître, conception de la famille…). Le vote de la loi tranche le débat sans faire disparaître les désaccords.

2. Restreindre une liberté : à quelles conditions ?

La DDHC (art. 4) définit la liberté comme le fait de « pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui », dans des bornes fixées par la loi. Une liberté peut donc être limitée, mais dans un cadre strict.

  • La restriction doit être prévue par la loi.
  • Elle doit poursuivre un but légitime : ordre public (sécurité, tranquillité, salubrité publiques), dignité de la personne humaine, droits d’autrui.
  • Elle doit être nécessaire et proportionnée, sous le contrôle d’un juge.

3. Priver de liberté : la question pénitentiaire

Selon l’article 66 de la Constitution, « nul ne peut être arbitrairement détenu » et l’autorité judiciaire est gardienne de la liberté individuelle. Une personne ne peut être emprisonnée qu’en vertu d’une décision de justice.

Sens de la peine : Selon l’article 130-1 du Code pénal, la peine a pour fonctions de sanctionner l’auteur de l’infraction et de favoriser son amendement, son insertion ou sa réinsertion, afin de protéger la société et de prévenir la récidive.

  • Le détenu perd sa liberté d’aller et venir, mais conserve ses autres droits (dignité, santé, correspondance, droit de vote sauf condamnation à une peine d’inéligibilité ou de privation des droits civiques).
  • Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (créé par la loi du 30 octobre 2007) visite prisons, centres de rétention et hôpitaux psychiatriques.
  • La France connaît une forte surpopulation carcérale : en 2025, plus de 80 000 personnes étaient détenues pour un peu plus de 62 000 places opérationnelles.

À retenir

  • Depuis 1967, la loi a consacré de nouveaux droits : contraception, IVG, divorce par consentement mutuel, mariage pour tous, PMA pour toutes.
  • Depuis le 8 mars 2024, la liberté de recourir à l’IVG est inscrite dans la Constitution (art. 34).
  • Restreindre une liberté exige une base légale, un but légitime et une mesure proportionnée.
  • Le détenu est privé de liberté mais pas de ses droits ; la CEDH contrôle les conditions de détention.

Et maintenant, à toi !

Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.

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