Enseignement moral et civique · Seconde

Protéger l’environnement : droits et responsabilités

Le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité posent une question nouvelle au droit : peut-on avoir un droit à un environnement sain ? Et si oui, qui en est responsable : l’État, les entreprises, chacun d’entre nous ? Le droit environnemental montre comment des droits nouveaux s’accompagnent de devoirs.

Objectifs

  • Connaître la Charte de l’environnement et sa valeur constitutionnelle
  • Comprendre la responsabilité des États, des producteurs et des consommateurs
  • Connaître le statut juridique de l’animal
  • Réfléchir à la démocratie environnementale et au rôle des groupes de pression

1. La Charte de l’environnement (2004)

Adoptée en 2004, la Charte de l’environnement a été intégrée au bloc de constitutionnalité par la loi constitutionnelle du 1er mars 2005 : elle a la même valeur que la DDHC et le Préambule de 1946.

2. Des responsabilités partagées

  • Les États : ils s’engagent dans des accords internationaux (accord de Paris, 2015) et peuvent être condamnés par des juges s’ils ne respectent pas leurs engagements climatiques.
  • Les producteurs : principe pollueur-payeur, préjudice écologique inscrit dans le Code civil par la loi du 8 août 2016, devoir de vigilance des grandes entreprises (loi du 27 mars 2017).
  • Les consommateurs : choix de consommation, tri, sobriété ; leur responsabilité est réelle mais limitée par l’offre disponible et leurs moyens.

3. Le statut de l’animal et le respect du vivant

Depuis la loi du 16 février 2015, l’article 515-14 du Code civil dispose que « les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité ». Ils restent soumis au régime des biens, mais le droit les protège davantage : la loi du 30 novembre 2021 renforce la lutte contre la maltraitance animale.

4. La démocratie environnementale

Démocratie environnementale : Ensemble des droits qui permettent aux citoyens d’accéder à l’information sur l’environnement, de participer aux décisions et de saisir la justice (convention d’Aarhus, 1998 ; Charte de l’environnement, art. 7).

  • Participation : enquêtes publiques, débats organisés par la Commission nationale du débat public (CNDP) pour les grands projets.
  • Groupes de pression (lobbies) : entreprises, fédérations professionnelles, ONG cherchent à influencer les décisions sur la santé et l’environnement. Depuis la loi Sapin 2 (2016), les représentants d’intérêts doivent s’inscrire sur un registre tenu par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
  • À l’échelle de l’élève : écodélégués, conseil de la vie lycéenne (CVL), projets d’établissement.

À retenir

  • Charte de l’environnement (2004), constitutionnelle depuis 2005 : droit à un environnement sain et devoir de le préserver.
  • Principe de précaution (art. 5) et droit de participation (art. 7).
  • États, producteurs et consommateurs sont responsables ; les juges peuvent condamner l’inaction climatique.
  • Depuis 2015, l’animal est un « être vivant doué de sensibilité » (Code civil).

Et maintenant, à toi !

Vérifie que tu as compris avec les exercices, puis révise avec la fiche.

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